Situe entre l"Inde et le Bangladesh a l'ouest, la Chine et la Thailande a l"Est, le Myanmar est souvent plus connu sous son ancienne appelation : la Birmanie. Gouvernee par une dictature militaire depuis 1962, la junte au pouvoir lui a redonne son ancien nom "Myanmar " datant d'avant la colonisation britannique.

Que connait-on du Myanmar avant de s'y rendre ? Pas grand chose car c'est un pays isole. En general, la seule image qui vient est celle de cette femme courageuse Aung San Suu Kyi, qui a recu le prix Nobel de la paix en 91 pour son combat pour la democratie dans ce pays. Elle est assignee a residence depuis 1989, date a laquelle son parti faillit remporter les elections.
En 1988, la junte militaire a reprime dans le sang des manifestations etudiantes (plus de 3000 morts), un an avant Tiananmen... On ne s'etonnera donc pas que le soutien financier le plus important de ce pays soit la Chine... Elle fournit armes et biens de consommation , permettant au pays de resister au boycott americain. Joli tableau non ?
Les elections "libres" organisees en 1990 furent une mascarade et ont surtout ete un moyen d'identifier et d'arreter les opposants.
Aung San Suu Kyi, au centre :

Alors vous me direz " aller au Myanmar c'est cautionner le pouvoir en place " . C'est vrai qu'une partie de ce que je vais depenser va aller dans les caisses du parti, j'en ai bien conscience. Mais je pense aussi que les birmans beneficierons financierement de mon passage et que peut-etre ils auront une ouverture vers l'exterieur et un acces a l'information grace a moi, s'ils le souhaitent. Chacun fait selon sa conscience, moi je pense ainsi.

Le Myanmar tire ses ressources du bois (le teck et le merisier), des pierres precieuses, du petrole et du gaz. C'est aussi le 1er producteur mondial d'opium et d'heroine, ce qui en fait encore un ami des USA...

En arrivant a Yangoon,la capitale, on a l'impression d'avoir fait un bond en arriere dans le temps. Apres l'abandon du modele socialiste en 89, le pays a connu une legere embellie economique mais il reste encore sous developpe. Pas de telephones portables ici, ni de fixe individuel d'ailleurs, les gens telephonent depuis des postes fixes poses sur des petites tables dans la rue.

Je roule dans la ville en direction de ma Guest House : les immeubles sont sales et delabres, les trottoirs defonces, le physique des gens est nouveau pour moi aussi : ils ont la peau tres mate et les traits fins et ont voit beaucoup d'indiens (d' Inde). J'ai l'impression que tout le monde vit dans la rue tellement ca grouille d'activite et bien sur ... pas un touriste a l'horizon ! Ca change de Bangkok !
Building coloniaux, a Yangoon :

La premiere chose qui m'a saute aux yeux lorsque je suis sortie de l'aeroport, c'est le tanaka cette drole de pate jaune que les birmans se mettent sur les joues ici. A la fois produit cosmetique et creme solaire, ca leur donne un drole d'air !
J'ai pose mes affaire dans une auberge un peu eloignee du centre mais avec un bon dortoir (vaste et propre) et des proprios sympas.
Ma premiere ballade dans la ville, toute seule, m'a laisse une drole d'impression : les gens me devisagent sans vergogne, je sens bien que ce n'est pas mechant d'ailleurs ils me sourient mais tout de meme ca fait bizarre, il faut que je m'habitue ! Les hommes et les femmes portent de longues jupes, appelees "longyi". A carreaux pour les hommes et fantaisies pour les femmes. Je crois que je vais investir dans ce vetement qui me fera passer un peu plus inapercue ! (je crois que mes vetements d'occidentale attirent beaucoup leur curiosite, meme si mes jambes sont couvertes)
Dans la rue, des bus archibondes me depassent, les gens doivent mourir de chaud la dedans (il fait entre 30 et 40 degres). Sur le trottoir pleins de petits stands avec un materiel etrange : une pate blanche, des feuilles, des noix concasses et du tabac. Je n'y comprend rien aux panneaux car tout est ecrit en birman (une ecriture superbe d'ailleurs !) Il s'agit de stands fabriquant des petites boulettes renfermant de la noix de betel, du citron et du tabac. Les gens chiquent ces boulettes a longueur de journee puis les recrachent, on les reconnait ensuite a leurs dents rouges...
Je remarque tres vite que les birmans sont moins pudiques que les autres asiatiques : les couples se tiennent pas la main ou par la taille en public , chose impensable au Laos ou meme en Chine par exemple.
On voit aussi des choses pas faciles : des enfants abandonnes, par terre, parfois blesses.
Comme en Chine, on voit dans la rue des panneaux de propagande politique, celui-ci s'appelle "les desirs du peuple " il a ete traduit en anglais (a l'intention des touristes ?), j'espere que vous arriverez a le lire car c'est edifiant et ca fait froid dans le dos ...

Je me suis promenee 3 heures ce jour la et j'ai croise 2 touristes ! A la nuit tombee, impossible de retrouver mon chemin pour rentrer, je ne sais pas pourquoi mais je me suis completement paumee ! Il n'y a pas d'eclairage public et avec les trous dans les trottoirs ca devenait perilleux ... J'ai demande mon chemin a plusieurs personnes (nombreuses sont celles qui m'ont envoye dans la mauvaise direction d'ailleurs !), quand finalement je suis tombee sur un jeune super gentil qui m'a accompagnee jusqu'a bon port ! Je ne sais meme pas encore comment on dit "merci" en birman, il va falloir que je m'y mette ... !

Premier repas birman : bouffe pas terrible mais une nouvelle decouverte culturelle : ici au lieu de lever la main, les gens interpellent les serveurs en faisant un bruit de bisous ! La premiere fois que j'ai vu un gars faire ca , ca m'a fait tout bizarre et je me demandait qui il draguait, je trouvais ca limite vulgaire... Mais non il voulait juste commander une autre biere ! C'est vraiment la premiere fois que je vois ca, decidement les pays asiatiques ne se ressemblent pas... et ce pour notre plus grand bonheur.

Finalement, je suis allee au marche m'acheter un longyi. Je choisit mon tissu et la couturiere me le prepare en 10 mn. Je dois dire que j'ai ete bien inspire car tout les birmans me complimentent sur mon longyi et ils arretent de me devisager !
Achat d'une galette de riz, avec mon longyi !

YANGOON n'est pas une ville fantastique je dois dire. Mais j'y ai passe de bons moments tout de meme en attendant qu'une place de bus se libere pour le nord (c'est les vacances scolaires ici et tout est bonde). J'ai notamment ete visite le site bouddhiste le plus sacre du pays : Paya Shredaggon (c'est l'equivalent de leur Tour Eiffel) le jour de la pleine lune, quelle foule ! Ce site est compose d'un stupa central immense , tout en or et d'une multitude d'autres mini temples et stupas de tailles plus petites. C'est vraiment un site impressionnant et ce jour la des centaines de birmans etaient venus se recueillir. Ils s'installent par terre et mangent, en plein milieu du site, c'est assez surpremant. Le stupa dore scintille de mille feux au coucher du soleil, c'est assez magique.

Le Paya sacre :

Foule au temple :

Jeune garcon en costume traditionnel pour sa ceremonie d'entree dans le novicat :

Moines et bouddhas :

Le 2eme jour, je decide de prendre le train circulaire qui fait le tour de la ville en 3 heures en passant par les villages alentours. Un gars qui partage mon dortoir decide de venir aussi, nous partons donc en direction de la gare. Arrives devant le tableau d'affichage, probleme : tout est ecrit en birman ! Pour comprendre quelquechose, accroches-toi ! L'ecriture birmane est extraordinaire mais vraiment incomprehensible !
Tableau d'affichage a la gare :

Finalement, les birmans finissent par nous orienter vers le bon bureau, situe sur le dernier quai de la gare. Le bureau en question est une petite bicoque en bois. Le gars qui delivre les tickets a l'air tout supris de nous voir la, puis il se ressaisit et, au lieu de nous delivrer les tickets au guichet, nous fait entrer dans la cabane en bois... C'est manifestement un moment important pour lui car il delegue le travail au guichet a un subalterne et installe une table et 2 chaises pour nous. Puis il sort solennellement un registre. Nous devons noter nos noms et numeros de passeports, puis il s'applique a rediger nos billets comme s'il s'agissait d'un document de toute premiere importance ! (note : cout du billet = 0.8 Euros... ! ) Notre train part dans 40 mn.

A l'heure dite, le gars nous escorte jusqu'au train, il nous a reserve un espace privatif (separe par une petite cordelette). Ca me plait vraiment pas trop ce traitement de faveur, d'autant que nous partageons cet espace avec un policier ! Mais bon...
Le trajet dure 3 heures et le train s'arrete dans tout les villages, au fur et a mesure que l'on avance, il se remplit et bientot nous nous retrouvons avec des tonnes de legumes et de fruits dans l'allee. Nous sommes les seuls etrangers dans le train et les birmans sont intrigues. Leur curiosite atteint son paroxysme lorsque le controleur nous demande nos billets, en effet nous sommes les seuls a avoir un billet ! Eux ils paient directement en montant dans le train, une somme ridicule je suppose.
Mais le moyen de transport le plus populaire a Yangoon est le rickshaw , moyen de locomotion pour une ou deux personnes (placees dos a dos) tractees par un velo. Si le ricksaw traditionnel a quasiment disparu de Chine il existe encore bel et bien ici et les locaux l'utilisent beaucoup.

Lorsqu'on se promene dans les rues de Yangoon, la multitude de petits metiers saute aux yeux d'un occidental : ici on ne jette pas son briquet lorsqu'il est vide, on va le faire remplir chez le remplisseur de briquet, votre parapluie est casse ? Le reparateur de parapluie est au coin de la rue, idem pour vos fermetures eclairs ! Autant de mini metiers qui n'existent pas/plus dans nos societes de consommation moderne. Dans la meme veine, les reparateurs de lunettes et de chaussures sont legion. Et si votre montre est usagee ou vieille, on vous la rachetera pour la revendre dans la rue en seconde main. Bref, rien ne se perd. On voit aussi des grosses bonbonnes ou cruches en terre dans la rue, c'est de l'eau potable en libre service, c'est pas sympa ca ? Bon je ne sais pas a quel point elle est purifiee du coup je ne m'y risque pas trop...
Par contre, dans ce contexte, la grande bonne surprise c'est que j'arrive a me connecter a internet dans ce pays. Normalement les acces a Yahoo et Hotmails sont interdits mais tout les jeunes dans les internet cafes connaissent des moyens de contourner la censure et de me connecter a ma messagerie, c'est lent bien sur, mais ca marche !

Nonnes a Yangoon :

Ca y est j'ai mon billet de bus ! Je quitte Yangoon, direction KALAW, un petit village a ... 18 heures de route de la ! Le bus soit disant 'express' s'arrete en fait partout (!) et il est carrement inconfortable mais bon on est en Birmanie hein ?! Je note que je suis la seule etrangere. Durant les 5 premieres heures de trajet, le bus a diffuse non-stop de la musique birmane, dont une serie hilarante de tubes technos des annees 90 chantes en birmans accompagne de videos clips super kitchs ! Apparement ils font cela avec tout un tas de chansons occidentales qu'ils traduisent, c'est assez comique. Notre bus s'arrete toutes les 2 heures pour que le chauffeur puisse jeter de grands sauts d'eau sur le radiateur qui chauffe. Apres cette operation, la soi disante climatisation fonctionne un tout petit peu mieux... Il fait une chaleur d'enfer a l'interieur de cet engin et la chemise de mon voisin se colle a mon bras, beurk ... Je finit tout de meme par m'endormir vers 1h du matin, la nuit sera courte car j'arrive a Kalaw vers 4h du matin, sympa comme horaire pour arriver dans une ville inconnue....

Kalaw est une petite bourgade perche a 1300 m d'altitude entouree de tribues montagnardes. A mon arrivee a 4 du mat il faisait presque froid ! J'ai ressorti mon pyjama chaud cette nuit la (je ne l' avait pas utilise depuis l'Amerique du sud !). L'atmosphere tranquille de cette petite ville entouree de montagnes m'a tout de suite plu. A midi je vais manger nepalais ou indien (2 communautes qui se sont installees ici apres etre venus combattre pour l'armee anglaise pendant la seconde guerre mondiale). Je pars faire une promenade a pieds dans les environs et comme d'habitude c'est un regal : les enfants me portent des fleurs, les paysans me saluent de la main et les plus hardis s'arretent pour me parler un peu, moi je suis aux anges.

Je vais profiter du fait d'etre en montagne pour faire un peu de rando. Je m'inscrit pour une rando de 3 jours et 2 nuits, avec une allemande et un hollandais du meme age que moi. 50 km environ jusqu'au fameux lac Inle. Nos gros sacs a dos sont convoyes par l'agence de trekking jusqu'a Inle, nous ne marchons qu'avec le minimum pour 3 jours.
Notre guide a une cinquantaine d'annee et s'avere extremement interressant. Avec nous, il s'exprime tres librement sur les sujets politiques ultra sensibles en birmanie. On est dans la campagne il ne risque pas grand chose... Il nous explique son horreur du gouvernement en place, la corruption de la junte militaire et la ferveur que tout les birmans portent a la dissidente Aung San Suu Kyi. Il nous explique les journees de travail obligatoires tres frequents par le passe (pour construire les routes ou restaurer des temples), la surveillance permanente...
Tout en marchant, nous traversons des villages de diverses tribues montagnardes : Les Kamus, les Paoh avec leurs turban orange , les Padang reconnaissables a leurs longyi rouges, et d'autres dont j'ai oublie le nom. Ces ethnies parlent un dialecte qui leur est propre et vivent dans des villages bien isoles, ici pas de telephone et d'ailleurs l'electricite est rare. Tous vivent de l'agriculture.

Femme paoh

Paysan sur son buffle :

A notre premiere halte de midi dans un village, nous avons beaucoup ri avec les enfants : Ennie le hollandais a eu l'idee geniale d'apporter des ballons a gonfler. Bientot ce sont tout les enfants du village qui accourent pour avoir un ballon, mais bien sur ils sont de mauvaise qualite et 1 sur 3 nous eclatent a la figure !

Notre premiere nuit, nous l'avons passe chez l'habitant dans un petit village Kamu. Apres 6 heures de marche sous le soleil et dans la poussiere,nous sommes hyper sales et bien sur... pas de douches ! Nous ferons une toilette super rudimentaire (pieds, bras, visage) a la pompe du puit au milieu du village, entoures de vaches a bosses et de buffles !
Ici on dine tres tot , avant le coucher du soleil car il n'y a pas d'electricite. Comme tout les birmans, la famille qui nous acceuille cuisine au feu de bois et la fumee qui se degage remplit toute la piece , on sent le barbecue du coup mais ca fait anti-moustique aussi parait-il... On mange assis par terre bien sur car il n'y a ni table ni chaises.
Ce soir la c'est moi qui ait eu une bonne idee : j'ai sorti mes photos de famille ! Apres tout ces gens m'acceuillent chez , ils ont bien le droit de voir aussi a quoi ressemble ma maison et ma famille. Immediatement c'est l'attroupement derriere mon dos, tout le monde veut voir ! Je leur montre mes parents, ma soeur, ma grand mere (ils hallucinent car ils trouvent qu'elle est tres jeune, lorsque je leur dit son age ils ne veulent pas me croire), et puis je leur montre la neige des montagnes savoyardes (un grand succes !) , les monuments de Paris et l'interieur de mon appartement (ca les interesse beaucoup aussi). Du coup, voila que eux aussi se mettent a sortir leurs photos ! Ce sont notamment des photos de leur plus jeune fils (qui est novice),lors de sa ceremonie d'entree dans la vie monastique. La maitresse de maison (en photo avec moi au debut de l'article), tres attachante, m'offre une de ses photo je suis tres touchee. En echange, je lui laisse une carte postale de la Tour Eiffel avec un petit mot derriere. La carte trone depuis sur l'unique meuble de la piece principale, telle un trophee... Apres cette magnifique soiree, nous installons des nattes par terre, c'est l'heure de se coucher. La nuit est fraiche mais nous avons de bonnes couvertures.

Bonne nuit !
En plein milieu de la nuit, je suis prise d'une envie pressante, pas de probleme j'ai ma lampe torche, je descends les escaliers pour sortir de la maison (ah oui j'ai oublie de vous dire, pas de toilettes dans la maison). Il fait nuit noir et je me cherche un coin tranquille quand d'un seul coup je me retrouve nez a nez avec 2 grosses vaches a bosses, je vous dit pas le flippe que j'ai eu ! Elles sont aussi surprises que moi de me voir la, c'etait assez comique !

Deuxieme jour de marche, rien a signaler de particulier, les paysages sont sympas mais sans plus, l'interet reside dans la traversee des villages et les discussions avec le guide. Le travail des paysans est harrassant, on croise aussi des casseurs de cailloux qui gagnent une misere, la vie est dure par ici...

C'est impressionant mais pas lourd

C'est lourd ...

C'est encore plus lourd !

Nous prenons notre repas de midi dans un monastere remplit de novices (au moins une centaine). Ils recitent leurs mantras sous l'oeil du moine-professeur, ca fait un boucan d'enfer. Lorsque le moine s'absente, c'est le chahut , he oui, ce sont bien des enfants... !
Recitations de mantras :
Apres un frugal dejeuner (nouilles et legumes a l'eau), nous faisons une petite sieste puis reprenons la route.
A notre grand etonnement le guide nous annonce que nous allons passer notre 2eme nuit dans un monastere egalement ! Je suis suprise car je croyais que les femmes n'avaient pas le droit de dormir sous le meme toit que des moines. En effet vers 17h30 nous arrivons en vu du village et du monastere, tout en bois. Ce monastere est beaucoup plus calme que le precedent (heureusement !), il y a 11 novices seulement et 2 moines. Nous posons nos sacs, et filons au puit pour nous decrasser un peu avant la nuit (comme la veille, toilette rudimentaire, car nous sommes dehors), il faut activer une drole de pompe en bois pour avoir de l'eau c'est tout un bazar mais on rigole bien ! Les novices, curieux, nous observent entre les volets de leur dortoir.
La "douche" du soir, dans la cour du monastere !

Ce soir la c'est Kristin, l'allemande qui a eu du succes en montrant ses photos numeriques aux jeunes moines. Ils sont tous autour d'elle, fascines par les images de leur propre pays,notamment Yangoon et la ville... J'ai fait une jolie photo de ce moment :

L'institutrice du village est passee nous faire une visite de courtoisie, histoire de pratiquer un peu son anglais, un de ses fils est novice dans le monastere.

Ce soir la, notre jeune cuistot s'est surpasse et nous a prepare un poulet au curry et une salade de tomate verte avec de la cacahuete pilee, un regal ! Comme la veille, on termine le diner a la bougie et on se couche super tot. Dormir dans un monastere en Birmanie... ca c'est une experience que je ne pensais pas vivre ! Les moines nous ont installes des nattes par terre, devant l'autel. Il faut faire bien attention de ne pas tourner ses pieds en direction de Bouddha, car c'est une grande offense. Bientot nous voici tout les trois, alignes en rangs d'oignons, les moines et les novices dorment dans une autre piece a l'arriere du monastere.
J'ai compris le lendemain matin pourquoi nous nous couchions si tot : a 5h petantes, nous sommes tous reveilles en sursaut a grand coups de cinballes par le chant aigu et puissant des novices qui recitent en coeur leurs premiers mantras de la journee ! Vous auriez du voir nos tetes ! Ahuris ! Bientot notre "chambre" est envahie de novices en tenue, preparant le premier repas de la journee. Je me met a leur place, ils n'ont rien mange depuis midi la veille, ils doivent avoir bien faim. Quelques villageois viennent a cette heure matinale leur apporter de quoi manger (les moines ne vivent que de l'offrande populaire) . Bon, vu le raffut environnant , pas la peine d'essayer de se rendormir, on se leve et on s'habille. Les premiers rayons du soleil filtrent a travers les volets en bois du monsatere, on marchera a la fraiche aujourd'hui, c'est pas plus mal. Au petit dejeuner ce matin la : riz frit ! Quand je repense a mes croissants de Luang Prabang au Laos , j'ai l'eau a la bouche... !
Cariole tiree par des boeufs, tres tres utilise ici

Kristin, Ennie, notre guide et moi :

Jeune gardienne de troupeau :

La derniere journee de trek fut epuisante, sous un soleil de plomb et sans ombre. Avec la chaleur, mes pieds ont gonfles dans mes baskets et je souffre le martyr car j'ai des ampoules partout. (C'est la derniere fois que j'achete des basquets a ma pointure !) Avec la poussiere, certaines se sont infectees et ca fait un mal de chien. J'avais tellement mal sur les derniers km que j'ai finit en tongs ! Heureusement que je ne suis pas partie pour une rando d'une semaine... Heureusement nous arrivons au Lac. Quel bonheur de s'installer dans une barque et de se laisser glisser sur l'eau ! Le trek est termine, c'etait super. Je suis dans un etat de salete innommable, je ne reve que d'une douche... Mes compagnons de trek etant super sympas,on va probablement passer les jours qui viennent ensemble.

Le Lac Inle est une des attraction touristique majeure du Myanmar. Ceci dit, on est pas en Thailande, on ne voit pas de hordes de touristes, tout juste quelques tetes blondes de-ci de-la et encore... Kristin et moi partageons une chambre dans une guest house avec un petit jardin bien paisible. Apres une bonne douche,nous nous payons un massage birman, ce sont 2 vieilles femmes qui se sont occupees de nous. Encore une fois, pas terrible par rapport a la Thailande, mais ca fait du bien quand meme...
Kristin et moi parcourant les canaux en barque

Ballades en barque dans les reseaux de canaux, visite des jardins flottants (ils cultivent de tout sur l'eau ici !!), traversee du lac en bateau, visite des ateliers d'artisanats (soieries, fabrication d'ombrelles, travail de l'argent, couteliers...) la region ne manque pas de sites dignes d'interets. J'ai particulierement adore un site perdu (meme pas payant) remplit de centaines de vieux stupas, il n'y avait personne d'autre que moi et Ennie sur le site et les centaines de petits carillons qui tintaient au bout de chaque stupa. Un moment magique. Dans quelques annes, les birmans auront "restaures" toutes ces merveilles a grand coup de peinture blanche ou doree, je suis contente de les avoir vus dans leur etat de conservation naturel.
Perdue au milieu d'un merveilleux champs de stupas :

Le lac Inle est particulierement celebre pour ses "rameurs a la jambe", ces pecheurs utilisent en effet leur jambe pour ramer et reposer ainsi leurs bras. C'est une technique assez unique je dois dire. On voit aussi des pecheurs avec de gros filets en bambou de forme conique, je ne sais pas si c'est efficace mais c'est tres photogenique ... !

Femme-girafe du lac Inle

Kristin et Ennie doivent repartir, ils ont un planning plus tendu que le mien... On se dit au-revoir, ces quelques jours avec eux etaient tres agreables, echange d'e.mails, on se reverra peut-etre qui sait...
Me revoici donc solo. Le village de Nwang Shwe, au bord du lac m'enchante. Je passe ma journee a parcourir les rues en velo, les routes sont mauvaises mais les paysages ebouriffants. Je croise des vaches en pleine rue, des moines (en rouge grenat) et des nonnes (en rose bonbon), des pecheurs, des femmes qui rentrent du marche avec des paniers invraisemblables sur la tete (comme font-elles pour porter ca sans tout faire tomber ?!), et toujours beaucoup d'enfants. Des qu'on sort du village on se retrouve en plein campagne.

J'essaie regulierement de me connecter a internet lorsqu'il y a de l'electricite, afin de donner des nouvelles a ma famille. Je suis toujours aussi contente lorsque j'ai pleins de messages a lire, merci a vous tous.
Pour ma derniere journee ici, je veux tester un " vrai" massage birman. On m'a dit le plus grand bien d'une famille qui pratiquait de pere en fils des massages therapeutiques. Let's try ! C'est une jeune fille qui s'est occupee de moi. A priori pas franchement impressionnante, toute menue et fine. Sauf que j'ai hallucine lorsqu'elle a commence a me marche dessus ! Elle se suspend au plafond et me marche sur les jambes, les fesses et le dos ! Je vous assure que ca surprend ! A part ca une force insoupconnee dans les bras et les mains et une technique irreprochable. J'avais une forte douleur a la plante de pieds depuis plusieurs semaines (a force de marcher parait-il), elle l'a presque fait disparaitre. Et pour un prix dont je ne vous parle meme pas sinon vous allez trop me maudir !

C'est ce jour la, la veille de mon depart, que j'ai croise Gabriele. Je ne vous ai pas fait part de mes aventures amoureuses depuis le debut du voyage (non mais, ca ne vous regarde pas ! ;-) , mais celle-la je ne peux pas faire autrement que de vous en parler. Calmez-vous tout de suite,vous n'aurez rien de croustillant ;-) J'ai rencontre Gabriele la premiere fois a Yangoon, plus de 10 jours auparavant. Il jouait de la guitare avec le cuistot dans le resto de la guest house. On a parle un peu, et chacun a repris sa route. Ce jour la, lorsque nous nous sommes revus a Inle, il a presque termine son voyage au Myanmar, moi je n'ai pas fait la moitie ! Je devais partir le lendemain mais le charme italien a du faire son effet car finalement j'ai change mes plans et je suis restee un jour de plus... Deux jours plus tard c'est lui qui change son itineraire pour me suivre dans le petit village de Kalaw ou je veux retourner passer quelques jours "a la fraiche". Vive l'improvisation !
Nous sommes partis faire une rando d'une journee autour de Kalaw, toujours cet accueil genial dans les villages et le soir Gabriele est tres populaire avec sa guitare. Ici pleins de jeunes jouent de la guitare et les concerts s'improvisent facilement dans la rue, d'autant que les birmans adorent chanter (il n'est pas rare de les entendre chanter a tue tete sur leur velo le soir, c'est tordant !)

Les musiciens :

Au final nous avons passe 3 jours dans ce petit paradis de montagne. Lors du grand marche hebdomadaire, toutes les tribus montagnardes descendent proposer leurs marchandises, c'est tres anime, par contre pas la peine d'essayer de se connecter a un quelconque ordinateur, il y a l'electricite 3 heures par jour ici , le soir uniquement et encore pas partout ! Pour notre derniere soiree nous sommes alles au cinema : un film 100 % birman , sans sous-titre en anglais ! On a pris les places les moins cheres et on se retrouve avec les paysans du coin venus se divertir. Tout le monde grignote des chips dans le cinema et l'odeur des toilettes est bien presente... Le film raconte l'histoire d'un paysan qui a reussi dans la musique et part vivre en ville, les distorsions entre sa nouvelle vie et ses nouveaux amis et son passe dont il a un peu honte... C'etait super interessant car tres realiste.
Scenes du marche de Kalaw :



Lors d'une journee de marche en montagne, nous faisons la connaissance d'un vieil homme chez qui nous prenons le the, dans un village minuscule. Il a l'oeil vif et m'est immediatement sympathique. Il nous explique tout simplement qu'il a eu 12 enfants (!!) et que sa femme est morte en couche. Il est evidemment tres fier de nous monter les diplomes universitaires d'une de ses petites filles qui est devenue institutrice ... Ci-dessous, une photo que j'adore, prise avec lui :

Avec une famille paysanne a Kalaw

Le lendemain Gabriele prends l'avion pour Yangoon au sud, il continue sa route vers le Cambodge. Moi je prends un bus pour Mandalay, au nord du pays et je compte bien profiter jusqu'au bout de ce fantastique pays. Ainsi va la vie du routard, faite de rencontres et de separations... Nous avons promis de nous revoir bientot pour partir au Nepal ensemble. Rendez-vous donc a priori dans une quinzaine de jours a Bangkok , la "plaque tournante" du voyageur en Asie... Je ne compte pas trop sur ce rendez-vous, mais si ca se fait vraiment ca va etre fantastique car on s'entend vraiment bien... Affaire a suivre donc...

Le trajet en minibus jusqu'a Mandalay est ereintant : routes cabosses, poussiere, pas de place pour les jambes et une chaleur a crever. Heureusement cela ne dure que ... 8 heures ! Mais je me suis retrouvee avec 4 copines allemandes super rigolotes et ca a fait passer le voyage plus vite. Tres naturellement elles m'ont invite a me joindre a elles pour visiter la ville le lendemain. On m'avait dit que Mandalay etait decevant mais je trouve que c'est une ville tres vivante : il y a notamment pleins d'ateliers d'artisanat hallucinants, je ne vous en citerai qu'un : l'atelier de fabrication des feuilles d'or. Les birmans recouvrent leurs bouddhas ou stupas sacres de feuilles d'or afin de gagner des "merites". Ces petites feuilles font environ 3 x 3 cm et sont ultra fines comme vous pouvez l'imaginer. Tout l'ecrasage de l'or est fait a la main, par des hommes armes de massues en bois ultra lourdes. Les femmes elles, assouplissent le papier (fait maison aussi) ou sera appose la precieuse feuille, elles travaillent dans une piece ultra humide (pour que le papier ne se casse pas) et frappent elle aussi toute la journee, un travail proporement harrassant, j'etais tres impressionnee. La seule tache qui m'a semblee "humaine" est celle des filles qui decoupent les feuilles d'or et les mettent dans leur petit emballage, travail de precision et de doigte. Certaines travaillent avec leur bebe sur les genoux, sans que cela ne choque personne.
Feuilles d'or

Mandalay est aussi repute pour la sculpture sur marbre. 90 % de la production represente des bouddha bien sur... Pour les temples de Birmanie mais aussi... pour etre exportes en Chine. Seules certaines personnes sont habilitees a sculpter la tete du bouddha, c'est pourquoi on voit sur le trottoir du quartier des sculpteurs, un grand nombre de statues inachevees.

La ville grouille litteralement : velos, trishaws partout, vieux scooters, camions surcharges de passagers, minibus avec des passagers sur le toit et partout le bruit des generateurs qui tournent (a cause des coupures d'electricite). Mais le rythme est tout de meme lent, car il fait chaud...
Ce soir la, nous sommes allee voir un spectacle atypique : il s'agit du spectacle des "Freres Moustache". Les Freres Moustaches sont 3 artistes fiches sur la liste noire de la junte militaire. Fideles supporters et amis personnels de Aung San Suu Kyi, ils ont fait 7 ans de travaux forces entre 89 et 96 pour avoir fait de mauvaises blagues sur le gouvernement dans leur spectacle... 7 ans dans les camps, ca doit changer un homme... C'est grace a la pression internationale (presse) mais surtout Amnesty International qu'ils ont ete liberes. Depuis, ils n'ont plus le droit de se produire en public pour un public birman. Habiles a contourner les lois, ils se sont mis a l'anglais et se produisent, chez eux (domaine prive), pour les touristes uniquement. Ce soir la nous etions 7...
Le courage et la force de ces artistes force le respect. Ils ont maintenant autour de 60 ans et toujours la meme insolence au fond de l'oeil... Ils nous on montres quelques photos edifiantes : lorsque Aung San Suu Kyi est venu voir un de leurs spectacle , une foule de plus de 2000 personnes s'est rassemblee devant la porte ! C'est a present leur notoriete qui les protege et leur assure la liberte et ils comptent sur nous pour faire de la publicite a leur spectacle quotidien, je vous invite donc a soutenir leur lutte et a aller les voir si vous passez par Mandalay un jour.
Les moustache brothers ne manquent pas d'humour ...

Les allemandes sont reparties. Je decide d'aller visiter Mingun, un site archeologique accessible uniquement par bateau. Je suis contente de trouver une petite compagnie de bateau privee pour m'y rendre, ce sera toujours ca de moins pour la compagnie de ferry gouvernementale. Le site de Mingun est tres chouette meme si les rabatteurs sont un peu trop insistants (petites filles qui vendent des eventails, des chapeaux, des ombrelles...).

Aumone des moines a Mandalay, tot le matin :

Pour echapper a la chaleur accablante de la ville (et sans electricite, pas de clim ni de ventilateurs...), je decide de repartir un peu en montagne, direction Hsipaw, petite ville dont on m'a dit le plus grand bien. J'ai d'abord eu super peur : a la compagnie de bus, ils nous font monter dans un minibus sans sieges, on est entasses comme des sardines la dedans, vu l'etat des transport ici rien n'est impossible, je m'imagine qu'on va passer 8 heures la dedans et ca va etre l'horreur ! Mais en fait non, c'est juste pour nous acheminer a la station de bus, ouf !
Prendre un bus en Birmanie est une longue epreuve de patience : en effet ils chargent tellement de marchandises a l'interieur du bus et sur le toit, que le bus part toujours avec environ 1 heure de retard. Cette fois-ci, ils nous ont mis des cartons de pasteques sous les sieges. Puis le bus se remplis jusqu'a ras bord de passagers et on commence a mettre des passagers sur le toit ! C'est ainsi que Laurent, un francais monte dans le bus a mi-parcours, s'est retrouve perche a 3m de hauteur avec les autres passagers sur le toit ! Une belle experience...
Bus birman ...

Mon sejour de 3 jours a Hsipaw, petite station d'altitude, fut plaisant mais pas exceptionnel. Il faut dire que j'etais dans un etat de letargie avancee. Une tres tres grande fatigue, comme si toute energie avait quitte mon corps , j'avais tout le temps envie de dormir, les 10 mois de voyage commencent a se faire sentir... On m'a aussi explique que la douleur que j'ai sous la plante des pieds depuis bientot 3 semaines, vient du fait que je marche tout le temps a plat depuis trop longtemps (en tongs ou sandales) . Vivement que je retrouve mes talons pour aller au boulot (non c'est une blague !!)

Retour a Mandalay. Pour eviter l'enfer du bus, j'ai partage un taxi avec 2 autres francais en vadrouille et on y etait en 5 heures au lieu de 8 ! Royal....

Samedi 1er avril : pas de blagues ni de poissons dans le dos ici ! Je me leve aux aurores et prends un bateau pour rejoindre la ville de Bagan, ma derniere etape birmane. La croisiere sur le fleuve dure plus de 9 heures alors on a le temps de regarder le paysage, de lire, d'ecouter de la musique et de refaire le monde. Les femmes des villages, essaient de nous vendre leurs marchandises lorsque le bateau s'approche du rivage, elles nous jettent tout par dessus bord, c'est assez comique !

Je retrouve sur ce bateau Brigitte et Clement, un couple suisse rencontre quelques jours auparavant a Hsipaw. On sympatise rapidement.

Bagan est une destination incontournable pour le peu de touristes qui visitent le Myanmar. C'est en effet un endroit magique : en debarquant du bateau, une cariole a cheval fait office de taxi et nous emmene a notre guest house. Sur le chemin, nos yeux s'equarquillent de plus en plus : des dizaines et des dizaines de stupas et de temples anciens s'offrent a notre regard, il y en a partout ! Un peu comme si chez nous, les plus belles cathedrales etaient toutes reunies sur un meme terrain... C'est feerique. Moi qui ne suis pas une fanatique des "vieilles pierres" j'y suis restee 4 jours. Il faut dire que le village est tout petit, qu'il n'y a presque pas de traffic (a part les carioles a cheval) et que du coup c'est un paradis pour circuler a velo.

Le matin, on se leve tot et on se perd dans les champs de stupas. L'apres-midi je vais squatter la piscine d'un hotel moyennant 3 dollars. Le soir, Clement et Brigitte m'invitent a prendre l'apero devant leur bugalow (Rhum et cocacola local). Enfin, apres un bon repas, je fais la chasse aux cafards dans ma chambre, je maudis l'electricite qui ne fonctionne pas (= pas de clim, une chaleur d'enfer !) et je lis des magasines feminins en anglais qui datent d'au moins 5 ans (He oui on prends ce qu'on trouve !) .

Bangan, des temples majestueux :

Les paysans continuent de cultiver la terre, entre les stupas millenaires !

Un matin que nous etions en ballade dans un coin paume, Brigitte creve son pneu sur une echarde. On marche un peu avec les velos et coup de bol on apercoit un petit village pas loin. Un enfant nous indique une petite maison ou nous pourrons faire reparer . En effet, un famille vit la et une femme a tout l'outillage pour reparer les velos. Tandis qu'elle s'active a demonter le pneu, nous sommes intrigues par un bruit a l'arriere de la maison : il s'agit d'un atelier de ferronerie. Ils fabriquent les arceaux en metal qui protegent les grandes roues des carioles tirees par les vaches a bosses. La soudure se fait a l'ancienne, on met le fer dans le feu et on donne de grand coups de massue. On se croirait au moyen age...
Assise a cote de moi, une grand mere sans age fume un cigare monstrueux fait de feuilles de mais, je vous jure il devait bien faire au moins 3 cm de diametre ! J'ai reussi a faire une photo a la derobee, ci-dessous :

La roue est reparee. Avant de partir, une jeune femme prends un morceau de bois de santal et un pierre pour preparer son tanaka (maquillage, creme solaire). Voyant mon interet, elle me propose d'essayer. Pourquoi pas ? Et voici comment je me suis retrouvee avec un look 100% local avec mon tanaka sur les joues et le nez ! La seance maquillage a beaucoup amuse les enfants presents comme vous pouvez l' imaginer...
Tanaka face !

Les temples de Bagans sont merveilleux car il y en a tellement (et il y a tellement peu de touristes) qu' on est souvent tout seul a les visiter, on decouvre des petits escaliers qui menent a des etages, on admire les fresques a la lampe de poche... Il y a si peu de passage qu'on derange meme les chouettes et hiboux qui nichent a l'interieur.
Brigitte et Clement lors de notre randonnee a velo dans la pampa birmane :


Aujourd'hui j'ai decide d'aller chez le coiffeur me faire couper les cheveux (c'est interessant ce que je vous raconte, non ? ;-). Ma derniere coupe date du Mexique, c'est pas hier ... Quelle ne fut pas ma surprise lorsque la coiffeuse m'a demande de m'allonger pour me faire le shampoing ! Et oui, drole de technique mais ca marche aussi. Sauf qu'il y avait une araignee au plafond juste au dessus de ma tete et que j'ai mis de l'eau partout en me relevant super paniquee ! Les coiffeuses ont mis un moment a comprendre ce qu'il m'arrivait et ce fut la chasse a l'araignee dans le salon de coiffure ! Un vrai sketch ! Apres cet episode comique, je passe au siege (non ils ne coupent pas les cheveux en position alongee ...). La, trop fort, la coiffeuse me fait un massage du cuir chevelu , du cou et des epaules. C'est assez frequent en Asie, ils devraient en prendre de la graine en France ! Bon, voila c'etait la sequence beaute.

Je quitte Bagan, a regret mais mon visa expire dans quelques jours et je dois vraiment rentrer a Yangoon. Nuit de bus infernale (suis au font du bus le siege ne s'incline pas, arret pour diner a ... 01h du matin ! , route en terre tout le long des 14h de trajet, j'ai une bosse sur le crane tellement je me suis tapee contre la vitre en dormant). Ma derniere journee a Yangoon fut consacree a ces lignes et j'ai passe donc pas mal de temps dans un internet cafe. A cote de moi, un moine curieux me jette des coups d'oeil a la derobee. Je finis par engager la conversation avec lui. Il aimerait apprendre a se servir d'internet ! Me voila en train de donner un cours d'informatique a un moine birman, on aura tout vu... J'en profite pour lui montrer des images de mon blog, des autres moines que j'ai photographie dans d'autres pays, de l'Amerique du Sud... Sa curiosite est a son comble. Au final, je lui ait laisse l'adresse du site en lui expliquant comment faire pour s'y connecter, j 'espere qu'il y arrivera...
Je parcours une derniere fois les rues de Yangoon, avec un petit pincement au coeur, demain je serai partie. Je passe devant les cinemas avec leurs affiches peintes a la main, les gargottes de rue qui vendent une nourriture peu ragoutante, les hommes en longyi et les vendeurs de noix de betel. J'aimerai revenir dans ce pays apres la saison des pluies lorsque tout est verdoyant, je passerai alors plus de temps hors des sentiers battus, dans les zones "ou il n'y a rien a voir" mais ou generalement on fait le plus belle rencontres...



Ma photo preferee :

9h55 ce 7 avril. Mon avion decolle. La Birmanie m'a conquise, et vous ?

CE QU'IL ME RESTERA DU MYANMAR :

- Une chanson : tout ces tubes internationaux a la sauce birmane !

-Une rencontre : Gabriele, of course

- Une ville : NwangShwe, la ville du Lac Inle

- Une emotion : la soiree "photos" avec la famille Kamu dans les montagnes

- Une impression: celle d'avoir fait un voyage dans le temps

- Une image : les femmes birmanes avec leur tanaka sur les joues

- Une raison de revenir : la gentillesse et la simplicite des gens

Last minute : La situation au Nepal n'est pas tres bonne, il y a des manifestations partout, et meme des morts, mon programme est susceptible de changer... Le voyage tire a sa fin..., je n'ai presque plus de billets d'avions ! J'ai du mal a y croire... Encore une fois, merci a vous tous de me lire si nombreux, j'espere que le climat est plus clement en Europe et que vous commencez a plannifier vos propres voyages ...