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Apres un début de voyage un peu difficile au Guatemala (insecurité, solitude, vols ...), ma derniere semaine fut un pur bonheur.

Sandrine et moi avons pris notre bus de nuit a Antigua le mercredi 23 novembre en direction de Flores. Nous devons faire un changement de bus a Guatemala Ciudad, la capitale. Le peu que nous en avons vu ne donne pas envie de s'y attarder ! Gare glauque, rues sombres et immeubles décrépis... C'est bien ce qu'on m'en avait dit...
Notre voyage s'est super bien passé, comme d'habitude j'ai dormi tout le trajet et je me suis reveillée 7 heures plus tard a Flores !
Il est 5 h du matin lorsque nous descendons du bus. Une armée de minibus nous attends pour nous faire payer plein pot le trajet de 30 km jusqu'a notre hotel (à cette heure-ci difficile de trouver autre chose...). Bon, on s'est fait arnaquer c'est clair mais on n'étaient pas assez réveillées pour négocier dur...
Nous avons choisit de passer nos quelques jours ici dans le village de El Remate, au bord du lac. A 5h30 du matin l'auberge est fermée bien sûr alors nous nous installons avec nos sacs au bord de l'eau. C'est magique : l'eau du lac est plus chaude que la température extérieure à cette heure ci, du coup on a l'impression que le lac fume ! Sur fond de lever du soleil c'est assez irréel.

El Remate, 5h30

Notre auberge est tenue par un francais, un original qui visiblement voyage beaucoup. Les bungalows sont disséminés entre les arbres et les hamacs, c'est la tranquillité même. En traversant la route, un petit ponton mène au lac et on peut s'y baigner. L'eau est transparente et le paysage sublime ! Quel régal après ce debut de voyage un peu "roots !".

Pendant que Sandrine fait une grande sieste pour récupérer de sa nuit de bus (elle ne dort pas aussi bien que moi apparement !), je suis parti jusqu'au village a pieds. C'est le paradis ici : pas de voitures (ou alors une par heure), des chevaux en liberté partout (même sur la route !), des cochons, des poules et les gens qui vous saluent aimablement en vous croisant... Sans compter le chant des oiseaux dans les arbres. Que demander de plus ?
La plupart des touristes sont sur l'île de Flores, du coup on est super peinards ici. Ce premier soir nous avons eu droit a un coucher de soleil fantastique, je vous en fait profiter avec la photo ci-dessous, je n'ai jamais vu un ciel aussi rouge.

El Remate, 17h30

Sandrine et moi nous entendons bien. C'est dommage qu'on ne puisse pas passer plus de temps ensemble, on se sépare dans 2 jours. En attendant on a bien rigolé notamment pour l'installation de nos moustiquaires respectives ! En ce qui me concerne c'est une première puisque je ne l'avais pas encore utilisée jusqu'ici. Il semblerait que j'ai acheté un modèle pratique avec un seul point d'attache, mais Sandrine la pauvre a un engin qui demande 10 ans d'études supérieures pour être installé ! C'était vraiment tordant de la voir se battre avec tout ces fils ! En tout cas elle a du mérite parcequ'en plus elle s'en est servie souvent en 1 an !

Allez, encore un petit effort tu y es presque !

Trop facile la mienne !

Le lendemain matin nous somme debout a 5 heures du matin (de nouveau !) pour partir a Tikal, un site de ruine mayas. L'intéret de partir si tot c'est qu'il y a peu de monde et qu'on entends mieux les animaux de la jungle qui entoure les ruines. De fait la visite fut parfaite. Les ruines sont disséminées dans la jungle on fait de belles promenades tout en visitant un site historique, ce n'est pas désagréable ! Tout comme au Mexique, ces ruines étaient entierement recouvertes de végétations lorsqu'elles ont ete découvertes et ce sont les racines des arbres qui ont le plus détérioré les pierres.


Temple encore entierement recouvert de vegetation

Vue depuis le sommet d'une pyramide

Nous avons marché plus de 5 heures dans le site, grimpant certains des temples (c'est raide !). Vers midi nous étions affamées et épuisées ! Apres un bon petit dej, nous sommes allée faire une petite sieste au bord d'un étang. Un panneau indique " attention au crocodile", on croyait que c'était une blague et bien non ! Il y a vraiment un crocodile et en plus il sort de l'eau ! On a donc fait la sieste d'un seul oeil en guettant de l'autre les faits et gestes du croco a une dizaine de metres de nous....

Cette halte a Remate est vraiment une halte farniente . Dans l'apres-midi nous retrouvons notre petit ponton sur le lac pour une nouvelle baignade au soleil, papotage, lecture, bronzette, quel pieds ! Je recois ce meme jour un mail de ma maman, apparemment il neige a Annecy !

Trop dur un tour du monde !

Soirée tranquille autour des cartes : Sandrine m'apprends a jouer au UNO et moi a jouer au "Shit head" , un jeu de voyageurs. Demain elle prends un bus tot pour rejoindre le Belize. Moi j'aime ce lac alors je reste un peu, j'irai dormir demain a l'ïle de Flores a 30mn d'ici.

Enfant dans une barque

J'étais assise sur mon sac, au bord de la route, attendant un bus pour rejoindre Flores, lorsqu'un particulier dans un pick-up s'est proposé de m'emmener. Je n'y serais surement pas allée toute seule mais 2 autres touristes sont avec moi alors nous sommes montés , et voilá ma 2eme expérience de stop du voyage ! Le gars qui nous a pris est super sympa : environ 50 ans, visiblement assez aisé financierement, il aime notre facon de voyager et s'intéresse a ce qui se passe a l'exterieur de son pays bien qu'il n'en soit jamais sorti. Nous avons parcouru les 30 km dans sa voiture, les bagages a l'arriére, vraiment cool.

Flores est une petite ville construite sur une presqu'ïle. L'endroit est beaucoup plus touristique que El Remate et ici on ne peut pas se baigner mais cela reste joli et tranquille tout de meme. L'auberge ou je passe la nuit n'est vraiment pas chere (2.5 Euros la nuit en dortoir !) et il y a une ambiance rigolote : des hamacs suspendus partout, 2 perroquets bavards en liberté, 2 chiens avec 2 petits chiots joueurs, un chat ... c'est une veritable arche de Noé ! La clientéle aussi est tres hétéroclite, comme toujours dans ces endroits. Je pars dans l'apres-midi a la gare routiere pour acheter mon billet de bus pour le lendemain, il n'y a que 20mn de marche a faire mais il fait tellement chaud que c'est un enfer ! Je prendrais un tuc-tuc (moto-taxi) pour rentrer ! Les moustiques attaquent fort aussi, je me protege du mieux que je peux (anti-moustique et vetements longs le soir) mais malgré tout ils arrivent a m'avoir... J'espere que cela ira car je ne prends pas de traitement contre le palu...

L'enclave caribéenne de Livingston sera ma derniere destination au Guatemala. C'est une ville tout a fait atypique, accessible uniquement par bateau. La population y est noire et parle une langue appelée le Garifundia. D'après ce qu'on m'en a dit, on se croirait plus au Belize qu'au Guatemala !

Pour m'y rendre depuis Flores, je dois d'abord prendre un bus jusqu'a la ville de Rio Dulce, puis prendre une barque. J'ai délibérement pris ce jour la un bus de 1ere classe, plus cher mais plus confortable aussi. Ca me changera des chicken bus ! C'était bien agréable, mais bien moins drole bien sur...
En arrivant a l'embarquadere de Rio Dulce, je tombe sur Francois, un jeune québécois que j'avais rencontré a Antigua ! Il a passé 2 mois au Guatemala pour apprendre l'espagnol dans des écoles d'ici. Nous embarquons dans la meme barque en direction de Livingston. Le trajet dure une heure environ est c'est vraiment magnifique : le fleuve est bordé de part et d'autre par une jungle luxuriante et l'on voit des oiseaux un peu partout. On voit aussi des yatchs ammarrés de-ci de-la, quelques riches familles ont installées leur résidence ici... Les familles plus modestes qui vivent sur le fleuve se deplacent dans des petites embarcations fines en bois, les enfants sont d'ailleurs très habiles pour les manoeuvrer !

Barques sur le Rio Dulce

En arrivant a Livingston, on se rend compte tout de suite de la différence avec le reste du pays : les filles sont habillées court et moulant , comme à Cuba (alors que les Guatemaltèques ne montrent jamais leur jambes), la musique est différente (rytmes des iles), et bien sûr la couleur de peau. On a du mal a croire qu'on est toujours au Guatemala ! Francois et moi posons nos affaires dans un hotel et partons decouvrir la ville. Les gens se remettent d'une semaine entière de fête apparement et ils sont tous un peu amorphes, certains sont meme encore complètement bourrés dans la rue ! En tout cas rien ne ressemble ici a ce que j'ai vu au Guatemala !

Enfants de Livingston

Les habitants de Livingston sont a 75% noirs, descendants d'esclaves et originaires de l'île de Saint Vincent dans les Caraïbes. Mais on croise aussi quelques indiens mayas et quelques "ladinos" (blancs), quel mélange ! Lorsqu'on leur demande s'ils se sentent Guatemaltèques, les garifunas repondent en général par la negative, ils se sentent caribéens avant tout. La ville a pris le nom d'un l'explorateur anglais qui n'a pas découvert l'enclave mais a aidé les noirs a se libérer. Apres avoir eu quelques problemes de delinquance dûs a la drogue, le calme semble revenu en ville, bien qu'il faille faire attention la nuit, comme partout (on nous a proposé des substances plusieurs fois tout de même ...).
La nature est tres belle ici, sur les sentiers, les ananas sauvages poussent, vous saviez que ca poussait au sol les ananas ? Moi pas ! Comme quoi on en apprend a tout age !

Ananas sauvage de Livingston

Au delà de la chouette balade que nous avons faite avec un guide le lendemain, ce que j'ai préféré dans cette étape c'est notre dîner chez l'habitant. Nous avons rencontré Eddy dans la rue alors qu'il essayait de vendre des tours aux touristes. Il a 29 ans et c'est un grand black volubil et dynamique. Il a l'air vraiment réglo et il a un grand sens de l'humour, il nous propose de nous cuisiner un TAPADO (plat typique garifuna) a la maison avec sa femme le lendemain soir. OK pourquoi pas ? Ca sera plus sympa qu'un restaurant et ca lui fait des sous. Il nous demande de lui avancer 50% de la somme pour pouvoir acheter le poisson, bon ca pourrait être une arnaque, après tout on est pas sûr de le revoir, mais on lui fait confiance et on lui donne (de toute façon cela ne représente pas des sommes folles...). De fait on a eu raison car il était là le jour du rendez-vous et nous avons passé une super soirée. Sa femme est jamaïcaine, super sympa elle aussi , ils ont un petit garçon de 3 ans. Ils vivent tout les 3 dans une mini maison (2 pièces) meublée de manière spartiate et la télé semble ne jamais s'arrèter ! Nous avons cuisiné le Tapado ensemble sur la petite gazinière installée dans le salon. Voici la recette en exclusivité : faire chauffer dans une casserole du lait de coco + colorant jaune + bouillon cube Knorr + un peu de piment + oignons crus émincés + 8-10 gousses d'ail coupées en 2. Ajouter dans ce melange 4-5 bananes vertes (non sucrées) coupées en large morceaux. Laisser mijoter pendant 1h30. Frire le poisson à part. Servir le poisson dans la sauce.
Eddy et sa femme

Les poissons du Rio Dulce étaient absolument délicieux et les bananes font office de pomme de terre en fait. L'ail qui a cuit pendant une heure dans le lait de coco devient fondant, c'etait tout bonnement délicieux ! Eddy essaye d'inviter regulierement des touristes a manger chez lui , histoire d'arrondir les fins de mois, il a bien raison tout le monde y trouve son compte.
Buen provecho !

Sa femme m'explique qu'en arrivant de Jamaïque elle a dû apprendre l'espagnol , par contre elle ne parle toujours pas le garifuna et ce n'est pas facile pour elle de s'intégrer... J'ai l'impression qu'ils ne quittent pour ainsi dire jamais Livingston et que le reste du pays leur est étranger, c'est vaiment bizarre... La seule chose que l'on retrouve ici comme ailleurs, ce sont les immenses et innombrables pubs et logos de LA marque nationale : la biere GALLO. Je ne sais pas a quel groupe appartient cette marque mais les équipes du marketing ont fait du bon boulot , c'est presque devenu l'embleme du Guatemala !

Eddy et sa femme m'ont bien mis en garde sur mon arrivée a Guatemala city le lendemain : c'est une ville dangereuse, je dois arriver avant la nuit et prendre un taxi, pas le bus. J'ai lu dans la presse qu'il y a eu 80 attaques a main armée dans les bus publics de la ville depuis le debut de l'annee, hallucinant !Ils appellent ca des "asaltos", et c'est un vrai probleme. Eddy m'explique que lorsqu'il doit prendre le bus la-bas il se met toujours au fond car "ce sont toujours ceux du milieu qui se font tuer", c'est rassurant... Quant a sa femme, elle ne prend jamais le bus a Guatemala Ciudad...

29 Novembre. C'est aujourd'hui mon dernier jour au Guatemala. Je me suis levée a 5h30 du matin pour prendre la navette de 6h30 qui me conduira a Puerto Barrio, une ville d'ou je peux prendre un bus pour rejoindre la capitale. Je suis contente d'avoir fait ce "crochet" par Livingston car c'etait vraiment une étape a part. Je dis au revoir a Francois et monte dans le bus a 7h30.
5 heures plus tard j'étais a Guatemala city. Apres tout ce qu'on m'en a dit cette ville ne m'inspire pas trop... je file donc directement dans le quartier de l'aeroport ou j'ai reservé une nuit chez l'habitant. Je suis arrivée chez Patricia vers 14h, la maison est tres agréable et j'ai passé l'apres-midi dans le jardin a compléter mon carnet de bord artistique : collages, dessins (je ne sais pas si je vous ait deja parlé de ca ?), bref je m'occupe ! Je termine aussi mon énieme livre. Patricia m'emmene demain a l'aube a l'aéroport, je vais passer la journée dans les avions et les aerogarts ! Mon parcours : Guatemala city- Miami (USA)- San Jose (Costa Rica). J'arrive a San Jose le lendemain a 19h, je n'ai pas reservé d'hotel, comme d'habitude, j'espere qu'il y aura de la place la ou j'ai prevu d'aller. Je prie aussi pour que mon bagage ne se perde pas en cours de route...

Je vous donne donc rendez-vous dans une dizaine pour vous raconter le Costa Rica avec ma maman ! En arrivant d'Annecy ou il neige en ce moment elle va avoir un choc thermique ! Bon courage a vous tous qui affrontez le froid, dites-vous que ca ne va durer que 3 mois (ouaf, ouaf !!!). Ben quoi ? J'ai bien le droit de vous faire rager un peu non ? Moi aussi l'année prochaine je vais me cailler a cette époque !

Allez, sans rancunes ! Merci a tous de me lire et a tres bientot !

Pascale

CE QU'IL ME RESTERA DU GUATEMALA :

-Une image : les COULEURS des "huipiles" des femmes mayas, des hommes a Solola, des masques, des chicken bus...

- Une rencontre : le bout de chemin avec Sandrine, tres tres sympa !

- Un lieu : Notre ponton tranquille sur le lac a El Remate

- Un sentiment : d'insécurite latent surtout au début du sejour

- Une musique : les marimbas (musique traditionnelle jouée a plusieurs sur de gros xylophones)

- Une saveur : le "tapado" chez Eddy a Livingston