Mon arrivée au Guatemala s'est faite après une nuit de bus paisible bien qu'inconfortable. J'arrive par le sud du Mexique et ce n'est pas, de loin, la frontière la plus fréquentée. Sur les derniers km parcourus par le bus, je commence à entrevoir ce qu'il s'est passé ici avec l'ouragan STAN : routes détruites, ponts effondrés, des arbres encore au milieu des villages, l'ouragan est pourtant passé il y a plus d'un mois maintenant...

J'ai le choix entre 2 frontières et j'ai choisit de passer par celle plus au sud, apparement plus "sûre" que l'autre. Arrivée au terminus je me renseigne et changement de programme : la frontière la plus au sud est fermée à cause d'un pont qui a été détruit par le passage de Stan. Bon, pas le choix, me voilà partie pour le poste frontière de El Carmen. Je suis la seule étrangère à passer la douane, je fais bien attention à mes affaires et marche droit. On m'avait prévenu que je ne devait rien payer au passage en douane mais que les douaniers étaient corrompus et ça n'a pas raté : je passe la douane mexicaine sans problème et arrivée au poste guatemaltèque le gars me demande la somme de 10 quetzals (la monnaie du Guatemala). La somme est dérisoire mais pour le principe je n'ai pas envie de lui donner quoi que ce soit. Je lui ai dit que je ne les avait pas et j'ai attendu de voir ce qui allait se passer ... il m'a rendu mon passeport comme si de rien n'était et je suis entrée au Guatemala ! Ca commence bien ... !

J'ai changé mes derniers pesos mexicains à un gars dans la rue (je ne fais jamais cela normalement mais il n'y avait aucun bureau de change dans ce poste frontière minable !). Je comprends rapidement qu'il n'y aura aucun bus touristique ici et que je vais me taper du "chicken bus" un bon moment !
Un taxi me sort du poste frontière et m'emmène à la "gare". Je me retrouve rapidement dans l'ambiance du Guatemala : mon sac à dos sur le toit du bus, et moi coinçée entre 3 guatemaltèques aux tenues bariolées sur un siège prévu à l'origine pour 2 ! Ces bus sont d'anciens autobus de transports scolaires américains. Les sièges étaient prévus pour des enfants et même moi je touche les genoux sur le siège d'en face ! L'allée centrale doit faire 30 cm de large et pourtant tout le monde arrive à se faufiler de profil avec ses paquets, les enfants dans le dos... Et quand il n'y a plus de places, il y en a encore ! J'ai l'impression d'être revenue en Bolivie ! A côté le Mexique c'était le grand grand luxe !
Chicken bus du Guatemala :

Je sens que je suis en plein dans la région où l'ouragan a frappé et régulièrement la circulation est alternée pour cause de route effondrée, nous sommes en montagne et on voit la trace des coulées de boues à certains endroits c'est assez impressionnant.
Route détruite par Stan :

J'ai changé 3 fois de "chicken Bus" (littéralement "bus à poulets" pour ma grand-mère qui ne parle pas l'anglais !) avant d'arriver à Xela .

J'ai appris plus tard que je venait de passer une frontière assez dangereuse : un guatemaltèque m'a expliqué que lors du passage de l'ouragan, 150 prisonniers se sont échappés d'une prison située sur la frontière du côté mexicain et que le taux de criminalité à grimpé en flèche dans la région depuis. Je me souviens d'en avoir entendu parler à la TV mexicaine il y a 2 semaines, ça m´avais d´ailleurs fait marrer, mais je n'avais pas réalisé que j´allais passer par là ! Rassurant ...

Xela n'est pas une ville fantastique mais j'ai choisit de m'y arrêter pour couper un peu le trajet. Il y a ici pas mal d'associations humanitaires qui viennent en aide aux villages sinistrés alentours. Lorsque ce ne sont pas les maisons qui ont été détruites, ce sont les cultures de maïs ou de café qui ont été anéanties par les tonnes de boues.

Je partage ma chambre avec une fille qui vient d'Alaska, original non ? Elle est venu pour étudier l'espagnol et va passer 3 semaines ici. Moi je vais prendre rapidement la poudre d'escampette car cette ville ne me plait pas trop. Le soir de mon arrivée je suis allée voir le film brésilien "La cité de Dieu" au ciné club à côté. En sortant, il y avait un gros attroupement en face du ciné : un homme était allongé par terre et autour de lui des gars cagoulés de noir avec des matraques (mais pas des policiers) et les curieux autour. Apparement, d'après ce qu'on m'a expliqué, il y a des sortes de "milices citoyennes" qui font la loi dans certains quartiers et la police laisse faire. De là à appeler ça des gangs il n'y a pas loin. Bon, moi cette ambiance ça me plait moyen...

J'ai quitté Xela sans regret en compagnie d'un gars qui vient lui aussi d'Alaska (décidement !). Nous partons tout les 2 en direction du Lac Atitlan à une centaine de km d'ici. Dans le bus, la promiscuité facilite les rencontres et je sympathise avec ma voisine : elle a 32 ans, mon âge, mais en fait facilement 5 de plus, elle élève ses 2 enfants toute seule et son mari a émigré aux Etats Unis où il a retrouvé une petite amie... Elle me raconte qu'elle a émigré illégalement elle aussi lorsqu'elle était enceinte et me raconte son passage de la frontière américaine par la montagne, de nuit.. Elle s'est faite prendre 2 ou 3 fois avant d'arriver à passer ! Finalement, ne parlant pas l'anglais, elle avait du mal a s'intégrer et a préféré revenir au Guatemala. Son mari lui envoie de l'argent tout les mois, enfin pour le moment... Elle me dit qu'elle se sent déjà vieille dans sa tête et je vois bien que je lui fait un peu envie. C'est la seule personne que j'ai rencontré qui n'a pas semblé choquée lorsque je lui ai dit que je n'avais ni mari ni enfants. Elle m'explique que lorsqu'on se marie, alors on devient l'esclave de son mari et la jeunesse s'envole... Humm, ça doit être sympa la vie de couple au Guatemala ... !

Le chauffeur du bus se prends pour Ayrton Senna sur les routes de montagne et je prie intérieurement pour qu'on ne termine pas comme lui... Heureusement les problèmes sur la chaussée l'obligent à se calmer de temps en temps mais je vois bien qu'il ronge son frein...

Après 2 changements de bus et une heure de retard, nous voici arrivés en vue du Lac Atitlan. Une merveille. La vue du haut de la montage est fantastique : un cratère volcanique remplit d'eau forme un lac de 158 km2 entouré de 3 volcans immenses. Tout en bas, la ville de Panajachel nous attend. J'ai passé 3 jours à Panajachel avec mon esquimau ;-), ballades sur le lac, shopping dans les marchés artisanaux (ça y est je commence à me lâcher !), dégustation de la bière nationale "El Gallo" , tout cela ressemble bel et bien à des vacances !

Vue du lac à l´heure de l´apéro :

Je ne me lasse pas de la vue sur ces volcans, malheureusement il est déconseillé de partir en randonnée dans cette région a cause des attaques... De toute façon je ne pense pas que les sentiers soient en état, un des villages au pied du plus grand volcan a été quasiement recouvert de boues lors des pluies diluviennes de Stan, on compte des centaines de morts. Du coup il y a peu de touristes ici et la catastrophe écologique et humaine se double donc pour les habitants d'un manque a gagner important au niveau économique.

Maison détruite par les coulées de boues :

Je me couche tôt ici car il n'y a rien a faire le soir et je ne veux pas trainer trop tard dans les rues même si la ville à l'air sûre. Demain je pars vers les hautes terres, mais avant cela je vous remet une petite photo du lac Atitlan, histoire de vous faire baver ;-)


Les ethnies Mayas se reconnaissent à leurs costumes traditionnels magnifiquements brodés (certains costumes d'hommes sont fantastiques : superpositions de pantalons brodés rose et rouge et de jupes en laine !), à leur couleur de peau très mat, et à leur dialecte (plus de 10).

Costume traditionnel pour homme de la ville de Solola (Lac Atitlan) :

Après avoir été massacrés puis réduits en esclavage par les espagnols pendants près de 400 ans, ils ont subis après l'indépendance du pays, la tyrannie des différents dictateurs qui se sont succédés à la tête de ce pays. Je ne le savais pas avant d'arriver ici mais le Guatemala était encore en guerre civile jusqu'en 1996 ! Les années 80-90 ont été terriblement sanglantes et on a même parlé de "Génocide Maya" puisqu'on estime le nombre de victimes a plus de 200 000 ! Sans compter les "disparus" bien sûr... Les mayas étaient soupçonnés de prêter main forte a la rebellion communiste et des villages entiers ont été décimés, notamment dans la région où je vais me rendre. Ils sont aujourd'hui maintenus dans la pauvreté et près de 60 % d'entre eux sont anaphabètes.
Aujourd'hui la paix est revenue mais aucuns des responsables de ces massacres n'ont été jugés, les executions arbitraires existent toujours et la corruption la plus totale règne en maitre dans le pays, jusqu'au plus haut niveau. L'armée protège les puissants (politiques, commerçants ...) et la police fait équipe avec les nombreux gangs de la drogue pour couvrir et récolter les dividendes des différents trafics.

Il est clair que le Guatemala est un des pays les plus pauvre et dangeureux de l'Amérique Latine , les agressions sont courantes et je ne prendrai aucun risque ici. Pourtant la grande majorité des guatmaltèques sont d'une extrême gentillesse et eux-même souffrent et se plaignent de cette insécurité permanente.

En quittant le Lac Atitlan, j'ai eu de la chance car j'ai trouvé un chicken bus direct pour Chichicastenango, la première ville de la province Quiché où je veux me rendre. Pas de transbordements, de changements de bus, je suis tranquille pour au moins 1h30 de route. Bien sûr avec le nombre de chargements et de déchargements qu'ils effectuent sur le toit du bus pendant le trajet, je suis toujours un peu inquiète pour mon sac à dos, mais bon, jusqu'à présent je l'ai toujours retrouvé à l'arrivée ! Je me demande quel type de transport empruntent les autres touristes car je suis toujours la seule étrangère dans ces bus locaux, pourtant ça ne craint vraiment pas, les gens sont charmants et les bandits ne vont sûrement pas attaquer un chicken bus plein de paysans !
La ville de Chichicastenango est célèbre dans tout le pays pour son marché du dimanche et du jeudi. J'arrive le mercredi en début d'après-midi, histoire de voir un peu la ville dans ses préparatifs. J'ai posé mes sacs dans un hotel près du centre, pas terrible mais bon c'est juste pour une nuit...

Vue du marché au légumes :

Je me suis balladée un peu et puis vers 18h une coupure d`électricité générale a plongé toute la ville dans le noir, heureuseusement j'était dans ma chambre et j'ai pu me servir de ma torche. La soirée a été bien monotone, c'est la première fois depuis que je suis partie que je suis vraiment toute seule et que j'ai du mal à rencontrer des gens, il n'y a pas d'auberges de jeunesse au Guatemala du coup, je me suis endormie super tôt avec la musique dans les oreilles. Vers 4h du matin, la lumière est revenue et je me suis fait réveillée par le bruit des camions entrant en ville pour décharger des marchandises pour le marché. Le marché est vraiment immense et animé. On retrouve sur les stands les tenues traditionnelles d'ici, si colorées et aussi d'innombrables masques de décoration taillés dans le bois.

Stand de "huipiles" (ponchos traditonnels mayas) :

Masques artisanaux du Guatemala :

J'ai passé une bonne partie de la matinée a déambuler parmis les étalages et en rentrant a l'hotel je prépare mes sacs pour repartir. Je réalise soudain que je voudrai passer voir mes e.mails avant de partir. Je suis donc sortie 10 mn. En revenant, qu'elle n'est pas ma surprise de voir sortir de ma chambre le jeune homme qui travaille á la reception ! J'hallucine ! Je lui demande ce qu'il faisait et il me bredouille une excuse bidon comme quoi il recupère les serviette sales (or je n'ai pas de serviette sale dans ma chambre...). Immédiatement je fonce ouvrir mon petit sac a dos (que je n'avais pas cadenassé) , je vide le contenu du sac et évidemment mon appareil photo avait disparu... Je me plante devant le petit jeune (17 ans maximum), et lui explique calmement qu'il me manque quelquechose dans mon sac, que je sais que c'est lui et que je veux le récupérer. Il n'a pas résisté très longtemps, je lui ai dit que je ne dirai rien à son patron mais que je voulais récupérer mon appareil tout de suite. Il me l'a rendu piteusement et je vous dis pas le soulagement que j'ai eu. Si j'étais arrivée une minute plus tard, je n'aurai rien pu prouver et c'était fichu ! OUF ! En tout cas ca me servira de leçon, plus jamais je ne laisserai mon sac ouvert dans ma chambre...
En quittant l'hotel un peu furax, le jeune est venu s'excuser me disant que sa mére est malade et son papa décédé, il veut que je lui rende l'appareil ou quoi ? ;-). En tout cas je me suis rendu compte un peu plus tard que cet enfoiré m'avait piqué d'autres trucs qu'il ne m'a pas rendus évidemment :ma lampe torche, ma carte plate Victorinox et d'autres bricoles encore. GRRRR !

Je suis arrivée à Nebaj en fin d'après-midi apres 3 heures de tape cul non stop dans un bus contenant 2 fois plus de passagers qu'il ne devrait... Nebaj est paumé dans la montagne et il n'y a presque pas de touristes ici. Ma première soirée est triste à mourir, heureusement j'ai prévu le coup et je me suis prise une chambre dans le meilleur hotel de la ville avec .... TV câblée ! La classe ! Ca fait au moins 2 mois que je n'ai pas regardé la TV et ma foi je suis bien contente, j'ai même eu droit à un débat sur les évènements en France, le thème central étant "la France est-elle raciste ?", sympa...
Le lendemain je rencontre Pascal, un francais qui voyage tout seul lui aussi et nous partons ensemble en ballade dans la montagne, accompagnés d'une jeune guide, Miguel, 17 ans. La montagne est truffée d'autels mayas dediés chacuns à un thème :la santé, le voyage, la prosperité, il y a même un temple special pour les fêtes ! (pour qu'il n'y ait pas d'incidents pendant les festivités ...). Moi je suis montée sur la colline ou se trouve l'autel qui protège les voyageurs ! Les gens viennent ici avec le prêtre pour invoquer les esprits et que ceux-ci les protègent durant leur voyage. A leur retour,il reviennent pour signaler qu'ils sont rentrés, c'est drôle non ?
Devant l´autel du voyage :

Miguel nous explique que le centre de la ville a été déplacé car après les massacres, les indiens ne voulaient plus y habiter, on voit quelques maisons et la vieille eglise de l'époque. Dans un petit village près de Nebaj, un matin de 1981, la police a réunit les habitant du village qui ne s'étaient pas encore sauvés et les a enterrés vivants dans une fosse commmune. C'est un vrai cauchemard. Certains villageois sont restés planqués dans la forêt pendant 2 ou 3 ans, c'est incroyable, et surtout c'était hier... Nous avons dejeuné dans ce petit village après 1 heure de grimpette dans la boue, c'est la campagne et c'est super tranquille, le calme est revenu dans cette région mais je ne peux pas m'empecher d'imaginer ce que ces gens ont vécus.
Ici les mayas parlent leurs dialecte local, le "Ixil", la plupart ne sont pas allés suffisament longtemps à l'école pour apprendre l'espagnol et il est assez difficile de communiquer avec eux. Malgré tout, j' ai passe un bon moment au marché à essayer le couvre-chef typique des femmes d'ici : Il s'agit d'une longue bande de tissu brodé vert avec de gros pompons au bout ,elles entortillent le tissu sur lui même puis s'enturbannent la tête avec. Les pompons reposent sur l'arrière, c'est du plus bel effet ! Seules les femmes de Nebaj portent ce chapeau et c'est à cela qu'on les reconnait dans les bus d'ailleurs ! Vous verrez ci-dessous la séance d'essayage, ça les a bien amusées et moi aussi !
La pose :

Et voilà le résultat !

Ce soir Pascal et moi dînons dans un café sympa autour d'une bonne bouteille de vin chilien que nous sommes allés acheter à la boutique du coin. Je suis contente de ne pas passer une 2ème soirée devant la télé ... Un guatemaltèque s'est joint a notre conversation et nous avons passé une soireée bien agréable. Demain je quitte ces montagnes pour rejoindre la ville d'Antigua, qui sera sûrement plus animée (enfin j'espère !).

Le trajet en bus jusqu'a Antigua a pris la bagatelle de ... 7 heures . Les routes sont en travaux et la circulation est coupée en de nombreux endroits, alors on attends, tout entassés les uns contre les autres ! Les vendeurs ambulants en profitent pour essayer de s'introduire dans le bus et vendre boissons et nourriture. J'ai les genoux qui touchent le siège en face et les amortisseurs semblent inexistants dans cet engin ! Le chauffeur conduit comme un dingue, mais bon "Dieu nous protège" parait-il, c'est écrit au dessus de la cabine ... ! J'ai changé de bus 3 fois en priant le ciel à chaque fois que mon sac à dos soit bien arrimé sur le toit ... Un trajet de 7 heures ici me fatigue dix fois plus qu'un trajet de 20 heures en Argentine !
Je suis arrivée à Antigua bien vannée avec une seule envie :marcher un peu et prendre l'air. Malheureusement il fait nuit à 18h ici et j'ai juste eu le temps de manger une bricole dans un resto et de rejoindre mon auberge avant la tombée de la nuit. J´ai toujours pour principe de ne pas sortir seule le soir et je m´y tiens.

Ma première journée a Antigua a été fantastique. C'est une ville superbe et j'ai dû marcher au moins 5 heures pour découvrir toutes les anciennes églises, ruines, et monastères qui se cachent à chaque coin de rue. La ville est entourée de 3 grands volcans dont un énorme qui domine la ville. Les maisons sont toutes peintes de couleurs vives comme au Mexique et les rues sont pavées, quelle merveille !

Antigua :

Je dois retrouver ici ma copine Sandrine. Sandrine et moi nous sommes rencontrées il y a 2 ans tout juste, lors du festival organisé par l'association ABM (Aventuriers du Bout du Monde) à Issy les Moulineaux. Nous envisagions alors a peine la possibilité de faire nos tour du monde respectifs et venions en quête d'informations. Pendant un an nous nous sommes vues à Paris, pour se motiver mutuellement et se donner des conseils dans la préparation du voyage. Aujourd'hui nous sommes toutes les deux sur la route, en train de réaliser ce rêve un peu fou et c'est vraiment sympa de pouvoir se retrouver ici, au Guatemala.

Avant de retrouver Sandrine, je vais partir en excursion faire l'ascension d'un volcan actif près d'Antigua. Cela fait longtemps que je n'ai pas fait un peu d'exercice, ca va me faire du bien ! Le volcan est à 2500m et nous grimpons 800m de dénivelé. Départ à ... 6 h du matin (dur !) accompagnés d'un guide.

L'ascension est tres sympa mais arrivés presque en haut les nuages et le vent nous attendent. Ca souffle tellement fort qu'on doit se courber pour grimper les derniers mètres jusqu'au cratère ! Quant a la vue sur la vallée, ce sera pour un autre jour ! J'étais un peu déçue par la taille du cratère, assez petit en fait, mais on voit bien la lave et plus on s'approche plus la chaleur est insoutenable et l'odeur de souffre importante.

Le cratère :

Lave solidifiée :

La denière éruption date de 2000 et on voit bien les coulées de lave solidifiée sur la pente du cratère, c'est assez impressionnant quand même... Sur le chemin du retour, un des gars du groupe a glissé et s'est tordu le genou. Fini les vacances pour lui... On étaient encore presque en haut du volcan lorsque c'est arrivé. Les guides lui ont confectionné une attelle avec des bouts de bois puis une civière avec des grosses branches d'arbres et de la corde pour le descendre. Le gars pesait au moins 100 kg et ils étaient une dizaine à le porter ! (cf photo ci-dessous). Puis, à mi-parcours on l'a mis sur un cheval pour finir la descente... Le pauvre, je n'aurais pas aimé être a sa place !
Portage du blessé au volcan :

Le lendemain, mardi 22 novembre fut une journee chargée : shopping au marché (bilan catastrophique : un sac brodé,une nouvelle jupe et un pot super lourd et encombrant,mais où je vais mettre tout ca ?!), ballade en ville , retrouvailles avec Sandrine , ciné et soirée salsa !
Sandrine est en grande forme et nous avons acheté nos billets de bus pour partir ensemble dans le nord du pays, voir le site archeologique Maya de Tikal. Nous ferons le trajet de nuit, en espérant que tout se passe bien car le pays est réputé pour ses attaques à main armé de bus touristiques...

Dans l'après-midi je suis allée voir un cours de salsa pour rencontrer les salseros locaux et savoir si il y avait un endroit ou danser en ville. En demandant mon chemin dans la rue, je suis tombée sur qui ? le prof de salsa lui même ! Rigolo non ? J'ai vraiement eu de la chance car il y avait justement une soirée le soir même ! J'y suis allée, accompagnée de ma colocataire Jacky, une américaine, il y avait une ambiance du tonerre et pleins de bons danseurs ! J'ai fais quelques danses mais dans ce milieu lorsque les gens ne vous connaissent pas, ils ne vous invitent pas facilement du coup je n'ai pas dansé autant que je l'aurai voulu... Malgré tout c'était une super bonne soirée et cela m'a fait plaisir de retrouver l'atmosphere enfievrée des soirées salsa parisiennes et cubaines.

Scène de rue amusante, tradition et modernité réunit !


Aujourd'hui je quitte Antigua. A ma grande suprise j'arrive à "caser" tout mes nouveaux achats dans mon sac a dos, c'est un miracle !, bon le petit sac commence à peser un peu lourd, mais c'est un moindre mal. Je consulte mes mails et je constate que depuis quelques temps les gens m'écrivent moins, est-ce le froid qui leur engourdit les doigts ? Ou simplement le temps qui passe (loin des yeux, loin du coeur c'est bien connu !). C'est étrange car je sens que c'est pourtant en ce moment que j'ai le plus besoin d'avoir des nouvelles de mes proches. Cela fait maintenant plus de 5 mois que je suis sur la route et c'est sûrement un "cap" du voyage a passer...
Avant de partir, j´ai rencontré Laura, une fille super sympa qui habite près de Grenoble, elle me fait beaucoup penser à Carole la fille avec qui j´ai passé ma première semaine de voyage en Equateur. Le courant est vraiment bien passé tout de suite, j´espère que nous nous reverrons en France a mon retour.

Quant à moi, je vous donne rendez-vous dans une dizaine de jours pour la fin de ma découverte du Guatemala.

Bon début d´hiver à tous !


NB : A l´heure ou je boucle cette page, je suis bien arrivée à Flores après une nuit de bus sans encombres.