La journée commencait mal car le douanier a failli me refouler : il me demande si j'ai une reservation d'hotel : NON- Si j'ai des dollars sur moi : NON (je viens de Cuba, c'est des pesos là-bas !) - Et si j'ai mon billet de retour pour mon pays : NON (puisque je vais au Guatemala par les terres ensuite). Apparement j'avais tout faux au Quizz parcequ'il faisait une sale tête et m'a mise sur le côté. Heureusement je lui ai dit que je pouvais lui montrer mes billets d'avions prouvant que j'allais sortir du pays et après m'avoir encore dévisagée, il m'a finalement laissé passer... Ouf !

Bon je n'étais pas au bout de mes peines ce jour là : J'avais prévu initialement de passer 4-5 jours sur la côte caraïbes histoire de profiter un peu de cette eau turquoise légendaire. Ma destination : Isla Mujeres, une îles a 30 mn de Cancun. Je prends le bus puis le bateau, pas de problèmes, et je prends un lit dans une auberge de jeunesse. Le propriétaire m'avertit qu'il est possible que nous devions évacuer l'hotel dans 2 jours a cause d'un cyclone qui arrive. Ah bon ? Quelle poisse !
Je fonce à la laverie faire laver mon linge de Cuba et vais sur internet donner des nouvelles a ma famille qui n'en a pas eu depuis 10 jours. Là je tombe des nues et c'est le gros stress qui commence : tout les touristes sont sur internet en train de regarder CNN, le cyclone en question est devenu en 24h le plus gros de tout les temps : catégorie 5 sur une échelle de ... 5 ! On regarde la carte et notre île se trouve en plein dans l'oeil du cyclone, la zone rouge, la plus dangeureuse.

La trajectoire du cyclone Wilma :

Je vous dis pas la montée d'adrénaline... En plus apparement le cyclone est imprévisible et sera là d'ici à 2 jours tout au plus... Je me rappelle les images du tsunami en Asie et toutes ces petites îles thaïlandaises dévastées, je n'ai pas envie de passer au journal télévisé moi...

Bon pas de panique, je dois bien pouvoir rester au moins une nuit sur cette île non ? Et bien non ! En revenant à l'auberge 1 heure plus tard, un panneau indique " Please evacuate the hotel !" .


Tout les hotels ont reçus l'ordre d'évacuer l'île avant le lendemain, de peur que les bateaux ne puissent plus prendre la mer... Ambiance... J'ai même pas pu prendre une douche ou me baigner (de toute façon c'est déjà drapeau rouge...) et déjà je dois repartir ! Franchement c'est la première fois depuis que je suis partie que j'ai eu vraiment peur. L'impression de pas du tout être au bon endroit !
A l'hotel c'est la panique, pleins d'américains veulent prendre un avion plus tôt pour rentrer chez eux, tout le monde veut télephoner, les informations sont contradictoires, les gens de l'île disent qu'il ne va rien se passer tandis que les médias predisent un désastre total ...
Moi j'aimerais partir de suite avant les gros mouvements de foule mais je suis coincée car mon linge est à la laverie et je dois passer le chercher dans 5 heures ! Mais l'angoisse est trop forte et je file à la laverie tenter ma chance... Genre "rendez-moi mon linge sale !!" ;-) . Coup de bol, mon linge n'est pas encore passé en machine et le gars veut bien me le rendre. Je fonce a l'hotel avec mon paquet, je remet tout dans le sac et hop ! Je remet le sac sur mon dos pour reprendre le bateau dans l'autre sens ! Quelle matinée ! Je n'ai aucune idée d'où je vais aller maintenant, d'après les cartes des métérologues, le cyclone Wilma va toucher toute la province du Quintana Roo où je me trouve actuellement, même Cancun n'est pas sûr. Je décide donc de m'éloigner d'au moins 300 km des côtes et je prends le premier bus vers l'ouest : direction MERIDA ,dans la province du Yucatan.
Bizarrement peu de gens quittent Cancun ce mercredi... ceux-ci vous amèrement le regretter quelques jours plus tard ...

Titres de la presse :

Je suis arrivée arrivée a Mérida à 17h, fatiguée mais soulagée de m'être éloignée du danger. Je suis debout depuis 5 heures du matin (heure a laquelle j'ai quitté La Havane) et j'ai besoin d'une bonne douche pour me remettre de cette journée riche en émotions ! Merida se prépare aussi à l'arrivée du cyclone. Les boutiques commencent à clouer des planches de bois devant leurs vitrines et les gens renforcent leurs portes-fenêtres. La ville est en alerte orange.

J-2 : Clouage des portes a Merida

Pour une fois je n'ai pas choisit l'auberge la plus jolie ou la plus acceuillante mais la plus ... solide !! Je suis au 1er étage d'un immeuble colonial bien costaud et je me sens bien en sécurité ici. En cas d'inondation on ne craint rien et les murs sont solides.
Mon hotel a Merida :

Le lendemain matin, nous avons vu débarquer en ville une floppée de touristes arrivant de Cancun et de la côte caraïbe, les hotels commencent à afficher complet ici, les gares et l'aéroport sont pris d'assaut à Cancun... J'ai bien fait d'arriver un jour plus tôt...
Les nouvelles sont toujours aussi inquiétantes : l'ouragan fait 700 km de diamètre (!), il se déplace lentement (7km/h) et est toujours très puissant (catégorie 4 ).
Les titres de la presse mexicaine sont éloquents quant à l'angoisse que ce monstre suscite :

Cette photo montre que la mer a envahit la plage de Cancun à J-1 :

Cet imprévu (de taille !) dans mon voyage ne m'empêche cependant pas de continuer a profiter de mes journées : Merida est une ville coloniale superbe et mon auberge donne sur la place principale, très animée. Le lendemain de mon arrivée, je vais écouter un concert de Serenas sur une des places de la ville. Les serenas sont des chansons romantiques chantées par des hommes à la guitare, c'est une musique très traditionnelle du Mexique et c'est très beau. Autour de la place centrale, j'ai observé que chaque soir des musiciens s'installent avec leurs instruments et attendent là, sans jouer. Je suis intringuée par ce manège et demande à une mexicaine de quoi il retoune. Elles m'explique qu'ils sont là pour jouer des serenades aux couples qui le souhaiteraient ! Incroyable !
Wilma se rapproche des côtes du Mexique et le temps change : les averses sont fréquentes et le vent forçit.
J-0, tout se passe bien. Les commerces sont tous fermés bien sûr , les activités culturelles suspendues et les enfants ne vont pas à l'école, mais nous n'avons rien vécu d'exceptionnel sinon de très fortes bourrasques de vent (désolés vous êtes déçus hein !), l'ouragan est passé en catégorie 2 . Par contre à Cancun, ils ont bien reçus... Plus d'electricité pendant presque une semaine entière, routes innondées, touristes coincés dans des gymnases sans nourriture ni eau (mais que faisaient-ils encore là-bas ?).

Titre de la presse a J+1 :

Moi je suis bien contente de pouvoir continuer mon voyage sans problèmes... Par contre, tout les touristes qui doivent reprendre un avion à Cancun sont bien en galère car l'aéroport est fermé et les routes sont impraticables à 50 km de Merida (il est donc passé pas loin !). Le jour où Wilma est passé je suis allé manger des tacos au marché (le seul lieu encore ouvert !), les sauces volaient à cause du vent !
J'ai sympatisé avec Serena et Roger, un couple argento-espagnol. Ils ont laissé leur gros sac à dos a Cancun pour attraper en catastrophe le dernier bus en partance pour Merida à J-1. Toutes les routes sont inondées à présent et ils sont bloqués là... Je rencontre aussi des mexicains qui sont venus se mettre à l'abris dans les terres, comme nous.

Après un week-end d'ennui mortel (ville morte) à suivre les infos, je me résigne a continuer ma route vers l'ouest. Je n'ai plus d'espoir de pouvoir revenir sur la côte caraïbe mexicaine, les villes côtières sont dévastées et il faudra du temps pour reconstuire... Heureusement il n'y a pas eu de victimes où très peu, un miracle...
Je pars donc dimanche pour la ville de Campeche, toujours dans le Yucatan.
Campeche est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO et c'est une très jolie ville toute en couleur pastels. Chaque maison est peinte d'une couleur différente et mon auberge et toute verte ! Située sur la côte du Golfe du Mexique cette ville fut la proie rêvée des pirates, nombreux dans cette région aux siècles derniers. Un mur de fortification entoure la vieille ville et de nombreux forts avec canons font façe à la mer.

Campeche :

J'ai parcouru la ville à pieds et à vélo (avec une irlandaise). Les mexicains sont très "machos" et adorent siffler ou klaxonner les filles dans la rue, nous ne faisons pas exception à la règle, mais ce n'est jamais méchant ... C'est à Campeche, dans une vieille maison coloniale transformée en bar, que j'ai dégusté ma 1ère tequila du Mexique (avec citron et sel, comme il se doit). ¡ Viva Mexico !

En ce moment les mexicains préparent une des fêtes les plus importantes de l'année : El dia de los muertos. C'est l'équivalent de notre Toussaint. Les jours qui précèdent le 1er novembre, ils achètent ou confectionnent le "pan de los muertos" (pain des morts) et achètent des fleurs en quantité. Les mexicains pensent que l'esprit des défunts vient les visiter pendant ces 2 jours : le 1er nov ce sont les esprits des enfants et le 2 novembre ceux des adultes décédés. Toute la famille est donc réunie pour réserver un bon accueil aux défunts.
Les mexicains ont un rapport particulier à la mort (très différent du nôtre en tout cas). On voit souvent des squelettes en plastique ou en papier mâché, souvent déguisés d'ailleurs et pendant la Toussaint on offre des cercueils en chocolat aux enfants ou des petits squelettes comme jouets... Etrange... Cela vient sûrement de la culture Maya qui croyaient à la résurrection, au passage d'une vie à une autre.

Je suis restée 2 jours à Campeche, avant de prendre la direction de Palenque, citée Maya au coeur de la jungle du Chiapas. Le Chiapas est la province la plus traditionnelle du Mexique du point de vue communautaire et culturel (pas moins de 9 langues parlées dans cet état !), mais c'est aussi la plus pauvre et la plus instable. En 1994 commençait le soulèvement zapatiste, guérilla de gauche, menée par le commandant Marcos, réclamant l'amélioration des conditions de vie des indiens. Vous en avez sûrement entendu parler. Depuis, la situation s'est un peu calmée mais il faut faire attention dans certaines zones reculées.

Palenque est situé en pleine jungle, dans les basses terres et ma chambre aussi ! J'ai choisit un logement en dehors de la ville (moche), dans une cabane en bois entourée d'arbres gigantesques. Je ne suis pas toute seule rassurez-vous , une communauté de "routards" à élu domicile ici et il y a même un restaurant. Je dois lutter contre ma peur des araignées dans cet environnement hostile mais je ne regrette pas mon choix : j'entends le bruits des oiseaux, des singes hurleurs, des criquets et des grenouilles, c'est un concert permanent ! Ma chambre est entourée d'une moustiquaire qui fait office de fenêtres et de plafond, je vois donc à travers et j'ai l'impression de dormir en pleine jungle ! C'est impressionnant...

Vue depuis l'interieur de la chambre :

Le lendemain matin, je pars visiter le site archéologique Maya de Palenque, un de plus beaux du pays dit-on. Je suis avec Christian, un suisse que j'ai rencontré à Merida une semaine plus tôt.
Le site Maya est d'une beauté époustouflante il faut bien le reconnaitre, les édifices immenses constrastent de manière spectaculaire avec la jungle qui les entourent. Les archéologues n'ont mis à jour que 2 % de la citée mais c'est déjà immense !

Le temple du soleil :


Le site se compose de tombeaux (du roi Pakal et de sa mère), du palais, de temples de cérémonies et ... d'un terrain de jeu de balle ! (He oui, l'ancêtre du football !). A l'époque des Mayas, les joueurs ne pouvaient toucher la balle qu'avec les cuisses, les genoux, les coudes et les hanches et l'équipe gagnante était sacrifiée à la fin du match ! (on leur arrachait le coeur...). Oui, vous avez bien lu, c'est l'équipe GAGNANTE qui mourrait ! (les joueurs souhaitaient rejoindre les dieux de cette noble manière pour accéder au paradis). Super étrange non ?

Tombeau de Pakal II :


Le site de Palenque conserve des inscriptions gravées dans la pierre en écriture Maya ainsi que des sculptures de personnages importants a cette époque. Les mayas de la noblesse pratiquaient la déformation cranienne afin d'avoir un visage plus alongé et un nez plus long, cela se voit sur ces sculptures. Mais tout n'a pas été élucidé sur cette mystérieuse culture, loin de lá, l'alphabet lui meme n'a été déchiffré que tres récemment.

Gravures de Palenque :


Apres avoir passé presque 3 heures sur ce site envoutant, j'ai retrouvé Christian et nous sommes partis avec un guide, pour une randonnée dans la jungle. Notre guide s'appelle Margarito (on ne rigole pas !) et il connait la jungle comme sa poche. Il nous montre toutes les plantes médicinales utilisées dans son village par le Chaman (sorcier-guérisseur). Durant ces 2 heures de ballade, nous passons á coté de nombreux temples mayas non restaurés par faute de moyens, et presque engloutis par la jungle, les archéologues ont encore beaucoup de travail ! La végétation est dense et on se perd facilement, sur le chemin nous rencontrons une famille de singes, perchés a 30m au dessus de nos tetes dans ces arbres immenses, et aussi des toucans, colorés , superbes. Parmis les especes qui peuplent cette jungle et qu'il vaut mieux ne pas croiser : le léopard et les serpents venimeux, brrrr....
Margarito nous emmene jusqu'a une cascade, en plein coeur de cette nature. Avec cette chaleur et cette humidité nous ne résistons pas á une bonne baignade. Il n'y a personne ici et ce coin a un petit air de paradis !


Demain je quitte Palenque pour aller piquer une tête dans les eaux turquoises d'"agua azul" et rejoindre ensuite la ville de San Cristobal de las Casas, en plein coeur du Chiapas.
Mis à part l'odeur d'urine dans le bus et les 2 mexicains bourrés au fond du bus qui ont chantés pendant tout le trajet, le voyage s'est bien passé ... ! La route est belle, tres verdoyante mais on voit bien la pauvreté extrême de certains villages et les plus pauvres sont toujours les indiens bien sûr... Ils ont tous énormément d'enfants et presque tous les enfants travaillent ici.

Je suis arrivée à San Cristobal de las casas vers 17h. C'est LE fief zapatiste par excellence, le coeur historique du Chiapas. Quelle animation ici ! La ville grouille de monde et plus de 50 % sont des indiens, portant le costume de leur ethnie et les chapeaux qui vont avec.

La cathedrale de San Cristobal, sur la place principale :

Je me suis trouvée une auberge de jeunesse bien jolie avec un patio et des hamacs, une cuisine pour faire la popote et a 500m du centre. La ville acceuille un festival de musique pendant 5 jours et il y a des concerts tout les soirs sur la place, sympa pour ma première soirée !
Le lendemain matin, je me lève tôt et file au marché. Vous l'aurez remarqué j'adore les marchés, je trouve qu'il y règne toujours une ambiance extraordinaire et c'est toujours très authentique et révélateur du pays oú l'on se trouve. Celui de San Cristobal est super grand et pour le moins animé : fleurs,légumes, viandes, poissons et fruits de mer, animaux vivants, épices en tout genre (et piments bien sûr !), ustensiles de cuisine, stands de restauration rapide (tacos, tamales, jus de fruits...), il y a absolument de tout ! Les gens se bousculent dans une cohue incroyable, les indiennes portent des charges lourdes sur leur tête ou sur leur dos dans des baluchons, vêtues pour la plupart d'une épaisse jupe en laine noire et d'un chapeau fait de cette même laine noire. Les hommes sont souvent en lainages blanc, avec des chapeaux de gauchos très classes, très mexicains !


Je m'installe a un stand pour boire un jus de fruit frais et manger des gâteaux secs tout en observant cette foule surexitée. Je fais très attention en faisant mes photos car ici les indiens n'aiment pas trop cela. Heureusement mon appareil est minuscule et silencieux, personne ne le remarque.
Prises de vues du marche :
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Le marché est immense et on pourrait s'y perdre rapidement. Peu de touristes s'aventurent ici, je ne comprends pas pourquoi car cela ne risque rien, il faut juste faire attention à ses affaires comme partout... Mais c'est vrai que ce grand brassage peut impressionner... Je continue le marché avec un espagnol du pays basque qui est dans la même auberge que moi. Il est super sympa et a le contact super facile avec les gens. Il a un petit papier avec quelques phrases en dialecte indien et on s'amuse a les tester sur le marché, quelle rigolade ! Tout de suite un petit attroupement se fait autour de nous, les filles s'esclaffent et corrigent notre prononciation. Un homme cependant n'apprécie pas trop cette trop grande incursion de 2 gringos dans la culture indienne et nous demande de partir et de laisser les indiennes travailler au lieu de les distraire, he oui il y a des limites et nous ne sommes pas du même monde ...
Les mexicains se régalent d'une boisson qui s'appelle la Jamaïca. Elle est tirée d'une fleur (l'hibiscus) et l'on trouve des paniers de cette fleur rouge, séchée un peu partout sur le marché. Les indiens font également moudre leur café sur le marché et achètent des brassées de fleurs en prévision de la fête des morts. Après 3 heures de déambulation dans les dédales de ce labyrinthe, je suis rentrée à l'auberge avec pleins de légumes pour préparer un salade. Le basque lui, est chargé de faire la tortilla espagnole !

Ce soir nous sortons prendre un pot dans un bar qui s'appelle "La Revolucion !" , il se trouve que le parti zapatiste a encore un fort soutien ici et on peut trouver pas mal de revues et de journaux soutenant le mouvement. Je suis aussi allée faire un tour dans la seule boite latino de la ville, un groupe jouait et j'ai sympatisé avec un couple de profs de salsa. Ils dansent la salsa portoricaine et, honneur suprême, j'ai même pu leur apprendre un "shine" : le "full flair", qu'ils ne connaissaient pas (c'te frime !). Désolée pour le jargon pour les non-initiés... Mais je suis partie tôt car, à par eux, il n'y avait pas vraiment de danseurs dans cette boite. Les rues de San Cristobal sont désertes a 1h du matin, quel contraste avec la journée ! Mais je suis sous bonne escorte avec Christian le suisse, qui est taillé comme une armoire normande.

Samedi 29 octobre, je suis retournée au marché avec mon pote le basque. Sur la route, un diseur de bonne aventure fait tirer des présage par ses canaries ! C'est trop marrant ! L'oiseau tire au hasard un petit papier dans un boite et selon le thème choisit (amour, santé, chance, etc...) le présage se réalisera. Une pure anarque bien sûr mais l'idée est originale !
L'oiseau de la chance :

Nous avons acheté des gros crabes et des crevettes que nous avons cuisiné à l'auberge, sautés à la poële avec de l'ail , du piment du citron vert et une sauce tomate-avocat à la mexicaine ! (c'est le poissonier qui nous a donné la recette...). Mon meilleur repas depuis que je suis partie !
Unaï et moi avant degustation !

Je me ballade dans la ville avec délice, les églises sont superbes et j'adore l'énergie qu'il y a ici. Je suis arrivé à résister a l'artisanat qui se déploie sous mes yeux (ambres, tissus, masques, ponchos ...), mais c'est pas facile, vivement le Costa Rica que je puisse a nouveau m'acheter des choses !

Mon eglise preferee :

Sur la place principale ("El Zocalo"), les zapatistes ont installés des autels pour rendre hommages aux morts du combat révolutionnaire, c'est assez étonnant !




Je ne traine pas trop le soir car San Cristobal est a plus de 2000m d'altitude et les nuits sont plus que fraiches ! Je suis bien contente d'avoir mon sous-pull de montagne et mon duvet !

Pour ma dernière journée a San Cristobal je suis partie visiter 2 villages avec une agence. Malgré mon aversion pour les circuits organisés, je n'ai pas regretté ma journée car le guide était super intéressant et j'ai appris pleins de choses. Le premier village regroupe l'ethnie Chamula (80 000 membres dans le Chiapas). Aujourd'hui c'est jour de marche et il y a du monde sur la place :

Nous passons devans leur cimetière et les tombes (la terre) vient d'être nettoyée en préparation de la fête des morts. Les chamulas n'aiment pas être pris en photo car ils croient que la photo va leur prendre l'âme de l'animal qu'ils ont en eux. (l'animal se transmet de père en fils). Les chamulas se marient entre eux et les mariages sont arrangés en fonction des terres de chacuns. Les femmes ont leur premier enfant 9 mois après leur mariage et lorsqu'on sait qu'elles se marient vers 15 ans, on imagine le nombre d'enfants et le taux de mortalité infantile... Elle accouchent chez elles, en position accroupie, aidées de leur époux. Si c'est un garçon le cordon ombilical est accroché à un arbre devant la maison, si c'est une fille, le cordon est enterré (la femme est assimilée à la terre, fertile et nourricière).
Le mouton est sacré dans cette communauté, ils ne le tuent donc pas . Ils tondent sa laine pour s'en faire des jupes et des ponchos, c'est tout.
L'église du village est toute blanche, avec des mosaïques bleus et vertes, splendide.
Eglise de Chamula :

Le spectacle qui nous attends a l'intérieur est tout à fait saisissant : Le sol est jonché d'épines de pin fraiches, dégageant une forte odeur, des musiciens en tenue traditionnelle jouent des percussions, de la harpe et de l'accordéon (!), des fidèles agenouillés à même le sol prient face aux petites bougies qu'ils ont disposé devant eux, tandis qu'un prêtre (pas catholique vous vous en doutez !), agite de l'encens et purifie des vêtements. Nous nous tenons en retrait, au fond de l'église afin de ne pas importuner les fidèles (nombreux), cette atmosphère et cette ferveur est impressionnante. Sur le côté, de nombreux Saints, sous vitrines, attendent d'être honorés. Ces saints ont un petit miroir posé sur le thorax afin que le fidèle puisse se refléter pendant sa prière.

Femmes portant du pin pour les cérémonies :

Malgré leur grande ferveur, le recours à la médecine traditionnelle et a la superstition est généralisée ici et les sacrifices de poulets sont courants afin de faire sortir les mauvais esprits ou le mal d'un corps.

Les Chamulas parlent le dialecte tzotzile qui ne ressemble pas du tout à l'espagnol. Ils font partie des communautés les plus pauvres du Mexique et le maïs et les haricots constituent la base de leur alimentation quotidienne. Pour la fête des morts, ils préparent des galettes de maïs (tacos) noir, faites avec du maïs noir. Nous avons gôuté à ces galettes chez une famille dans un autre village. La famille confectionne la pâte, écrase la galette à l'aide d'un petit pressoir et la pose sur le feu, au milieu de l'unique pièce de la maison. La maison est faite de torchis et bien sûr il n'y a pas de lits, les 9 enfants (!) ainsi que les parents dorment sur une natte à mème le sol, à la manière indienne.
Indienne chamula préparant les crèpes au maís noir :

Cette etnie ne porte pas de jupes ou de ponchos en laine noire, mais des corsages brodés de fleurs et très colorés, confectionnées par les femmes. Les vestes des hommes sont particulièrement belles, de couleur rose et rouge. Le guide nous explique que les jeunes sont de plus en plus réticents à porter ces tenues, mais presque tout les adultes que j'ai vus portaient la tenue traditionnelle. Les femmes ne se coupent jamais les cheveux et leur chevelure sert d'accessoire lors des fêtes et cérémonies (elles regroupent leurs nattes au sommet du crâne a ces occasions).
Tissage traditionnel :

En rentrant, je suis allée voir un reportage (tout à fait subjectif) sur la rébellion zapatiste ainsi qu'un film iranien "Les tortues savent aussi voler". J'ai finit par craquer et m'acheter un tee-shirt des femmes rebelles zapatistes super chouette (j'en entends qui rigolent ! Je vais encore me faire traiter de rouge par mes collégues...).

Ce soir je prends le bus de nuit avec Marion une autre francaise que j'ai rencontré ici. Nous nous rendons à Oaxaca, et allons passer la fête des morts là-bas. Durant cette fête, les mexicains dansent et boivent toute la nuit dans les cimetières, j'ai hâte de voir ca, ca promet ...

Je vous donne rendez-vous dans une dizaine de jours pour la suite des aventures, merci de me suivre aussi nombreux !

Besos de Chiapas,